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Категория: La France Orthodoxe
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Leçon morale pour la jeunesse

Parabole du Fils prodigue – Luc XV, 11-32

« Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir». Dans cette parabole du Fils prodigue nous avons la leçon la plus instructive pour la jeunesse.

En effet, dans ce Fils prodigue nous voyons toute la plénitude du caractère de l'adolescence insouciante : la frivolité, l'irréflexion, la passion de l'indépendance – en un mot tout ce qui distingue la majeure partie des adolescents. Le plus jeune fils a grandi dans la maison de son père. A l'âge de l'adolescence, il a imaginé que cette maison était devenue pour lui trop étroite. Il lui était devenu désagréable de vivre sous l'autorité de son père et le contrôle et la surveillance de sa mère. Il avait envie d'imiter ses camarades qui s'adonnaient aux plaisirs bruyants du monde. « Je suis, – se disait-il, – l'héritier d'une riche propriété. Ne serait-il pas préférable que je reçoive dès maintenant ma part ? Je peux disposer de cette richesse autrement que ne le fait mon père ». Et l'adolescent écervelé se laisse emporter par l'éclat trompeur des plaisirs du monde et décide de se défaire de ce joug de l'obéissance en quittant la maison paternelle.

Est-ce que ce ne sont pas des motivations du même ordre qui amènent beaucoup de jeunes aujourd'hui encore à abandonner la maison, non des parents terrestres, mais la maison du Père Céleste, c'est-à-dire à se soustraire à l'obéissance de la Sainte Église.

Pour des esprits immatures, le joug du Christ paraît difficile à porter, et il en est de même des commandements du Christ. Ils estiment qu'il n'y a pas de nécessité particulière à observer ce que Dieu et Sa Sainte Église nous commandent. Ils pensent qu'il est possible de servir Dieu, sans refuser de servir le monde. « Nous sommes, – disent-ils, – déjà suffisamment forts pour faire face aux tentations et aux appâts funestes. Nous pouvons très bien nous tenir nous-mêmes à la vérité et à une saine doctrine. Laissez-nous parfaire notre intellect par des informations multiples ! Laissez-nous consolider par nous-mêmes notre volonté au milieu de toutes les séductions et tentations ! Que ce soit par notre propre expérience que nous nous convainquions de l'ignominie du vice ! » – En quoi ces désirs sont-ils meilleurs que la demande irréfléchie que le jeune fils a faite à son père : « Père ! Donne-moi la part de bien qui doit me revenir !» ?

Et voilà que ce jeune écervelé cesse d'écouter les commandements et les conseils de la Sainte Église. Il cesse d'étudier la parole de Dieu et les enseignements des saints Pères et prête son oreille aux élucubrations de faux maîtres à penser et sacrifie les meilleures heures de sa vie à ces occupations. Il se met à fréquenter plus rarement l'église ou alors s'y comporte avec distraction et inattention. Il ne trouve plus possible de s'occuper assidûment de piété et de pratiquer la vertu car la majeure partie de son temps est consacrée aux spectacles et autres distractions et réjouissances. Bref, de jour en jour il s'abandonne toujours plus au monde pour s'éloigner enfin vers « un pays lointain ».

A quoi aboutit pareil éloignement de la Sainte Église ? À un résultat identique à celui du Fils prodigue qui a quitté la maison paternelle. Les jeunes gens écervelés dissipent leurs forces et leurs capacités magnifiques de l’âme et du corps еt ruinent ce qu’ils avaient pu auparavant faire de bien pour la vie éternelle. Et pendant ce temps voilà qu’« une grande famine survint dans ce pays» ; et là arrivent la vacuité et le mécontentement qui sont les conséquences inévitables des plaisirs bruyants ; vient la soif des plaisirs qui ne fait que s’intensifier avec la satisfaction des passions perverses et qu'en fin de compte plus rien ne peut assouvir. Et comme il arrive souvent, ces pauvres personnes, pour satisfaire leurs passions, en viennent à des pratiques viles et honteuses qui, loin de les amener au remord, qu’a connu le Fils prodigue, et de le ramener sur la voie du salut, achèvent sa perdition dans la vie présente et éternelle. Amen.

 

+ Saint Archevêque JEAN de Shangaï (1946)