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Категория: La France Orthodoxe
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Exaltation de la Croix du Seigneur

 

Lorsque devant nous est exposée la Croix et que, nous nous prosternons jusqu'à terre pour la vénérer et sommes prêts à l'embrasser de nos lèvres et de tout notre cœur afin d'exprimer tout notre amour pour le Christ-Mort en Croix, profitons-en pour réfléchir à la signification profonde de la Croix du Christ.

Croix, gardienne de tout l'univers, croix, de l’Église le charme et la beauté, sceptre vraiment royal qui soutient la vigueur de notre foi, croix, suprême effroi des légions de l'enfer, croix, gloire des anges dans le ciel ! Espérance des chrétiens, guide des errants et havre des naufragés, victoire dans les combats et rempart de l'univers, guérison des malades, résurrection des morts, croix du Christ aie pitié de nous !

Les hymnographes qui ont composé ces stichères ont voulu, par ces définitions attribuées à la Croix, non seulement exprimer sa puissance et son sens profond, mais nous disposer à croire en Elle.

Il est tout naturel pour nous de faire le signe de la Croix, de la porter sur notre poitrine, et de la voir en tous lieux : dans les églises, dans les cimetières, au sommet des collines. La Croix ainsi que le récit du Christ-Crucifié ont si profondément pénétré la vie des hommes qu'aucune force au monde ne pourrait l'effacer. Mais lorsque viendra le temps où on ne la verra plus, lorsque viendront des temps si effrayants que l'on aura honte de la Croix et que l'on craindra montrer notre foi en Elle, ce sera alors le signe certain de la venue prochaine du Second avènement du Christ pour juger ce monde adultère et pécheur. La Croix ne se réfugiera plus dans des endroits cachés, mais resplendira alors dans le ciel, de sorte que tout le monde la verra, tout le monde verra ce Signe du Fils de l'homme si cher à tous les chrétiens, la Croix du Christ, devant laquelle toutes les tribus de la terre se lamenteront.

Ce n'est pas seulement aux tous premiers temps de l’Église que la Croix pouvait apparaître scandale pour les uns et folie pour d'autres, lorsque ceux qui entendaient pour la première fois des prédications sur le Seigneur crucifié étaient troublés et ne pouvaient ni comprendre ni croire que le salut pouvait être obtenu d'une façon aussi étrange et effroyable, mais il en est de même pour ceux qui dès leur enfance sont chrétiens et, devenus adultes, sont troublés en entendant l’Église enseigner que le salut des hommes s'acquiert par les souffrances du Fils de Dieu sur la Croix. Et plus encore, ils sont troublés par ces Paroles du Sauveur : « Si quelqu'un veut venir derrière moi, qu'il renonce à lui-même et se charge de sa croix ». Si la foi nous permet de comprendre et de croire aux souffrances du Christ, il est en revanche beaucoup plus difficile d'accepter l'enseignement de l’Église, selon lequel, pour obtenir le salut nous devons nous crucifier avec le Christ, crucifier notre chair, nos passions, nos désirs, nous devons humblement porter notre Croix sans murmure. Cet enseignement a de la peine à trouver un écho en nous. Les croyants contemporains, très souvent, ne comprennent pas le sens des souffrances, des douleurs, des maladies par lesquelles nous devons passer pour pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu.

Au lieu de porter patiemment sa Croix en se confiant au Sauveur afin de se préparer pour le Royaume des Cieux, nos contemporains mettent tous leurs efforts et leurs moyens à s'installer confortablement sur cette terre. Cet attrait pour le bien-être terrestre, une vie insouciante, engendre chez les individus une indifférence à l'égard de Dieu, une perte de la foi et, dans les masses populaires, fait naître un attrait incontrôlable pour les bouleversements politiques et sociaux qui seraient sensés apporter un bonheur universel.

Jadis, le diable séduisait les premiers hommes : « Si vous goûtez de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, vous serez comme des dieux ». Autrement dit – détournez-vous de Dieu, ne Lui obéissez pas et tout ira bien pour vous, bien mieux que maintenant. N'assistons-nous pas à la même chose aujourd'hui ? Vous recherchez le bonheur, semble demander à chacun ce même tentateur diabolique – renoncez donc à l’Évangile qui exige de vous d'observer des jeûnes, l'abstinence, la pénitence, de pleurer sur vos péchés ; renoncez au Christ-Crucifié qui vous promet le Royaume des Cieux et vous aurez une vie parfaite sur terre, vous serez heureux. Et comme ce désir de bonheur, de bien-être est inné à l'homme, il lui est difficile de résister à cet appel séduisant, difficile de lutter contre son propre désir de vivre ici-bas pour tout son plaisir. C'est pourquoi il y a de moins en moins de disciples fidèles de notre Seigneur-Dieu.

Mais pour notre bonheur, nous ne voyons pas que ceux qui ont rejeté le Seigneur, soient réellement heureux, que leur vie ne connaisse ni douleur, ni tristesse. C'est pour nous un enseignement et un avertissement salutaire.

Celui qui est avec le Seigneur garde constamment l'image du Christ-Crucifié devant les yeux. Celui qui est avec le Seigneur se souvient toujours de la Résurrection du Christ. Celui qui est avec le Seigneur attend la vie du siècle à venir, tient fermement à cet espoir et puise en lui les forces pour porter sa Croix jusqu'au bout.

Ainsi, lorsque vous faites sur vous le signe de la Croix, transportez-vous par la pensée au Christ-Crucifié, scrutez-le avec les yeux de la foi, fortifiez-vous dans la foi et l'amour envers Lui, et alors aucune tentation ne pourra vous détourner du Seigneur. Amen

 Archiprêtre Victor Illienko