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Категория: La France Orthodoxe
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Deux  commandements,  une  seule  vie

 

 

Bien-aimés frères et sœurs en Christ, chers amis,

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, un docteur de la Loi vient poser une question à Jésus : « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? » Et Jésus lui répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. » Puis Il ajoute : « Voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Cette réponse du Christ est très simple. Mais, si nous y réfléchissons vraiment, elle contient toute notre vie chrétienne. Jésus nous parle d’abord de l’amour de Dieu. Mais Il ne s’arrête pas là. Il nous parle immédiatement de l’amour du prochain. Et Il dit quelque chose de très important : le deuxième commandement est semblable au premier. Autrement dit, on ne peut pas séparer les deux.

Nous pouvons dire : « J’aime Dieu. » Nous pouvons prier, venir à l’église, participer à la Divine Liturgie, allumer un cierge, faire nos prières. Et tout cela est bon. Mais aujourd’hui, l’Évangile nous invite à nous poser une question beaucoup plus concrète : comment est-ce que j’aime les personnes qui sont autour de moi ?

Comment est-ce que je parle à mon mari, à ma femme ? Comment est-ce que je parle à mes enfants ? Comment est-ce que je traite mes parents ? Comment est-ce que je parle de mon frère ou de ma sœur dans l’Église ? Et surtout : comment est-ce que je réagis quand quelqu’un me fait du mal ? Parce que c’est là que notre foi devient concrète.

Il est facile de dire que nous aimons Dieu, que nous ne voyons pas. Mais notre prochain, lui, nous le voyons tous les jours. Nous vivons avec lui, nous travaillons avec lui, nous le rencontrons dans notre famille et dans notre paroisse.

Et parfois, soyons honnêtes, c’est justement notre prochain qui nous met le plus à l’épreuve. Saint Jean nous donne une parole très forte : « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. » C’est dur à entendre. Mais saint Jean veut nous faire comprendre quelque chose de très simple : si nous disons que nous aimons Dieu, cet amour doit forcément avoir des conséquences dans notre manière de traiter les autres.

Parce que notre prochain, lui aussi, a été créé à l’image de Dieu. Saint Jean Chrysostome nous rappelle cette vérité : nous ne pouvons pas prétendre honorer Dieu tout en méprisant l’homme qui porte Son image. Et cela devrait changer notre regard. Nous avons facilement tendance à voir les défauts des autres. Nous voyons leur caractère difficile, leurs erreurs, leurs paroles qui nous blessent. Mais nous ne voyons pas toujours leurs blessures, leurs difficultés, leurs combats.

Dieu, Lui, voit tout cela. Et surtout, Dieu aime cette personne. Même lorsque nous avons du mal à l’aimer. C’est là que l’Évangile devient difficile. Parce que Jésus ne dit pas seulement : « Aime ceux qui t’aiment. » Il dit : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous haïssent. » Et nous savons tous que ce n’est pas facile.

Quand quelqu’un nous a profondément blessés, nous pouvons dire : « Seigneur, je veux pardonner », mais notre cœur, lui, n’est pas encore prêt. Alors que faire ? Nous pouvons commencer par demander au Seigneur de nous aider. Nous pouvons Lui dire simplement : « Seigneur, je n’arrive pas encore à aimer cette personne. Mais je ne veux pas la haïr. Aide-moi. Change mon cœur. Apprends-moi à la regarder comme Tu la regardes. » Et cette prière est déjà un commencement. Parce que pardonner ne veut pas dire que nous disons que le mal était bien. Cela ne veut pas dire que nous devons oublier notre souffrance. Pardonner, c’est simplement refuser de rendre le mal pour le mal.

Et où voyons-nous cela plus clairement que sur la Croix ? Le Christ est condamné injustement. Il est humilié, frappé et crucifié. Et pourtant, Il dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Voilà notre modèle. Le chrétien n’est pas quelqu’un qui ne souffre jamais. Le chrétien est quelqu’un qui, même lorsqu’il souffre, demande au Christ de ne pas laisser sa souffrance devenir de la haine. Saint Maxime le Confesseur nous enseigne que l’amour véritable unit ce que le péché a séparé.

Une parole dure peut séparer deux personnes. Une rancune peut durer des années. Une blessure que nous refusons de pardonner peut construire un mur entre deux personnes. Mais l’amour du Christ fait l’inverse : il réunit.

C’est aussi pour cela que nous venons à l’Église. Nous ne venons pas seulement prier chacun de notre côté. Nous sommes le Corps du Christ. Nous recevons le même Christ et nous sommes appelés à vivre comme des frères et des sœurs.

Alors, comment pouvons-nous recevoir le Christ et garder volontairement dans notre cœur une haine contre notre frère ? Bien sûr, nous sommes faibles. Nous avons tous nos blessures. Nous avons tous des personnes que nous avons du mal à pardonner. Mais justement, nous avons besoin du Christ. Et parfois, l’amour commence par quelque chose de très simple. Retenir une parole méchante. Ne pas répondre à une offense par une autre offense. Arrêter de parler de quelqu’un derrière son dos. Prier pour cette personne. Faire le premier pas vers quelqu’un avec qui nous sommes en conflit et surtout demander pardon, même si nous pensons que l’autre est fautif.

L’Évangile d’aujourd’hui nous rappelle quelque chose de très simple : aimer Dieu et aimer son prochain, ce n’est pas deux chemins différents. C’est le même chemin. Notre amour pour Dieu doit devenir visible dans notre manière de vivre avec les autres. Alors, en sortant de cette église aujourd’hui, essayons de garder cette parole dans notre cœur : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Et si nous pensons à quelqu’un que nous avons du mal à aimer, ne cherchons pas d’abord à changer cette personne. Commençons par demander au Seigneur de changer notre cœur.

Que le Seigneur nous accorde cette grâce, afin que notre amour pour Lui ne reste pas seulement dans nos paroles et dans nos prières, mais qu’il devienne visible dans notre famille, dans notre paroisse et dans toutes nos rencontres. Car celui qui aime véritablement Dieu apprend à aimer son frère.

Au Père, au Fils et au Saint-Esprit, soient la gloire, l’honneur et l’adoration, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

 

Prêtre Zhivko Zhelev