9-e DIMANCHE après la PENTECÔTE


Matines : Jean XX, 19-31
Liturgie : 1 Cor. III, 9-17 ; Matt. XIV, 22-34


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimé Frères et Sœurs,


Ce dimanche se trouve être en une convergence et les enseignements qui y confluent sont singulièrement riches – et aussi difficiles. Mais nous discernerons une unité – la vocation divine du Chrétien qui sera, dans cette affluence de textes, la lumière qui nous guidera.

I - Le neuvième évangile de Matines est celui pour lequel on pense d’abord à l’incrédulité de Thomas, mais qu’il est plus juste de voir comme celui de la vocation des apôtres. C’était très peu après la Crucifixion, les apôtres étaient tous dans un même lieu fermé par crainte des Juifs. Jésus leur apparaît, Il leur dit : « La paix soit avec vous ! », et Il leur montre Ses mains et Ses pieds – notons ici que le signe de la vocation divine des apôtres est le Christ dans les marques même de Sa souffrance salvatrice. Il leur répète : « La paix soit avec vous ! » et Il leur précise : « Comme le Père m’a envoyé, je vous envoie aussi de même ». Retenons-le dès maintenant : la vocation apostolique est à l’image de l’élection et de la vocation du Christ. Ce faisant, Il souffle sur eux ET LEUR CONFÈRE LE SAINT-ESPRIT. D’où la conclusion bien connue – qui est aussi le fondement de la Confession sacramentelle – « Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés, ils leur seront pardonnés …»

Or l’Apôtre Thomas étant absent ce jour-là, dès que les autres apôtres l’eurent mis au courant, il exprima son incrédulité : « Si je ne vois la marque des clous dans ses mains, …, si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas ! » Huit jours après, dans le même lieu et toutes portes étant fermées, le Christ leur apparut, Il dit à nouveau : « La paix soit avec vous ! » et, s’adressant à Thomas, Il lui dit : « Mets ici ton doigt et regarde mes mains, avance ta main et mets-la dans mon côté … ET NE SOIS PLUS INCRÉDULE, MAIS CROIS ! »

L’incrédulité momentanée de Thomas n’a pas aboli sa vocation d’apôtre que le Christ est venu confirmer, et lui-même bouleversé, exprime aussitôt l’adhésion chrétienne totale – que nous répétons toujours avec lui : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Le Seigneur précise la valeur universelle de l’appel et de la réponse : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! »

II – La péricope – rarement citée - de la 1ère Epître aux Corinthiens donne toute l’ampleur de sa signification à cette vocation divine du chrétien qui est au cœur de l’enseignement de ce jour. En effet, l’apôtre dit : « Nous sommes ouvriers AVEC DIEU » et il développe cette similitude : « Vous êtes le champ que Dieu cultive, l’édifice de Dieu ».

Il continue en insérant directement l’action humaine – et apostolique ! – : « J’ai posé le fondement comme un sage architecte ». D’autres continueront l’œuvre et continueront de bâtir. Le fondement évidemment doit être Jésus-Christ, mais ces ajouts de construction seront de natures diverses – or, argent, bois ou chaume – selon l’aptitude de chacun. Ensuite viendra l’épreuve du feu. Certains ouvrages, bien bâtis sur le seul fondement subsisteront, d’autres seront emportés. Mais voilà la chose importante et la validité de la vocation apostolique et chrétienne : « Si l’ouvrage de quelqu’un brûle, il perdra le fruit de son travail, mais pour lui, il échappera toutefois comme au travers du feu. »

Suit l’explication – réconfortante car le fondement de notre vocation, à nous trop médiocres chrétiens, c’est le Christ Lui-même – « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu – repensons à l’évangile de Thomas plus haut cité – habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est saint et vous êtes ce temple

III - L’évangile de ce neuvième dimanche est celui où les apôtres se trouvent – seuls – dans la barque au milieu d’une tempête violente et soudaine. Quoiqu’ils soient des marins expérimentés, ils se trouvent complètement épouvantés. Or ils voient venir à eux le Christ marchant sur les eaux. Ils sont encore plus effrayés, le prennent pour un fantôme … « Mais non ! leur dit le Seigneur, c’est moi ! » Du coup, Pierre dit : « Ordonne que je puisse venir jusqu’à Toi en marchant sur les eaux ! » - « Viens ! » dit le Christ. Pierre descend de la barque, marche sur les eaux, puis il prend peur et appelle le Christ au secours… « Hommes de peu de foi ! » dit le Seigneur qui le sauve néanmoins de la noyade !

Mais la conclusion est édifiante : quand le Christ fut revenu parmi eux dans la barque, « ils se prosternèrent et l’adorèrent ».

Ils avaient leurs petitesses, mais ils étaient des apôtres, des appelés – et cette vocation reste le fondement solide par lequel ils sont sauvés, ainsi que nous en avions eu la pré-annonce dans les textes précédents.

QUE LE CHRIST DANS SON INFINIE MISERICORDE AIT PITIE DE NOUS PECHEURS !

Amen

 

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