Le premier des commandements : aimer Dieu

 

15° Dimanche après Pentecôte – Mt XXII, 34-46

 

Pendant Son séjour sur terre nombreuses étaient les questions posées à notre Seigneur. Le plus souvent d'ailleurs, ces questions avaient un caractère malveillant. On lui tendait un piège dans lequel, d'une manière fatale, finissaient par tomber ceux qui voulaient Le tenter. Tantôt on Lui demandait s'il fallait payer un tribut à César. Si Il avait répondu « il faut », le peuple se serait levé contre Lui ; si Il avait dit « il ne faut pas », on L'aurait accusé d'être un rebelle aux autorités. Mais on entendit Sa réponse : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » /Mat.XXII,21/. L'évangile nous dit qu'ils furent surpris et s'en allèrent.

Une autre fois on Lui amena une femme surprise en flagrant délit d'adultère. « Maître, Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu? » /Jn VIII, 4-5/. Encore une question perfide ! Si Il avait dit de la lapider, le peuple se serait élevé contre Lui à cause de Sa cruauté ; si Il avait dit de ne pas la lapider, c'est Lui-même qui aurait mérité de l'être pour non-respect de la Loi. Et nous connaissons Sa réponse : « Que celui d'entre vous qui n'a pas de péché, lui lance la première pierre » /Jn VIII, 7/ ! Il n'abolit pas la Loi, mais en même temps Il remplit de confusion ceux qui voulaient L'éprouver.

Beaucoup de questions perfides de ce genre Lui étaient posées. Mais il y en avait également de bonnes. Ainsi dans l’Évangile d'aujourd'hui un docteur de la Loi demande : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? /Mt XXII, 36/. Notez bien que l'évangéliste nous dit que cette question Lui fut posée pour L'éprouver. Dans l'évangile de Marc on trouve une réponse plus développée à cette même question : « Le premier de tous les commandements c'est : Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. C'est là le premier commandement. Et voici le second qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a point d'autre commandement plus grand que ceux-ci » /Marc XII, 29-31/. Bien que le scribe eût posé cette question pensant L'éprouver, il s'exclama : «  Bien, maître; tu as dit avec vérité qu'il fautL'aimer de tout son coeur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices ». Ce à quoi le Seigneur lui dit charitablement : « Tu n'es pas loin du royaume de Dieu » /Marc XII, 32-34/.

C'est cette même question éternelle, chers frères et sœurs, qui nous est posée en forme de reproche : avons-nous appris à aimer le Seigneur notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée ? N'ayons qu'une seule pensée : L'aimer de tout notre être. Et il en était ainsi chez les saints. C'est ainsi que le Seigneur nous appelle à L'aimer non qu'Il ait besoin de cet amour, mais parce qu'il n'y a pas de plus grande joie et de grand bonheur pour l'homme que d'aimer Dieu.

C'est à cela que nous devons penser lorsque nous nous confessons. Nous devons faire pénitence d'avoir vécu longtemps dans ce monde et de ne pas avoir appris à aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos pensées. Qui aime Dieu ainsi, possède déjà sur terre le paradis en son cœur ! C'est pourquoi on pouvait souvent voir saint Jean de Kronstadt et saint Séraphim de Sarov le visage lumineux comme le soleil. Le Seigneur a dit : « Qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui » 1 Jn 4, 16/. Amen.

Saint Métropolite PHILARÈTE