. SERMON du 27e DIMANCHE après la Pentecôte

Mémoire de saint André « le premier appelé »


Matines : Luc XXIV, 12-35.

Liturgie : Eph. VI, 10-17 ; 1 Cor. 4, 9-16

Luc XIII, 10-17 ; Jean I, 35-51


AU NOM DU PÈRE DU FILS ET SU SAINT ESPRIT

Bien-aimés Frères et Sœurs

I - Ce dimanche de saint André, qui est aussi le 27e après la Pentecôte, nous pouvons dire qu’il est ainsi tout entier sous le signe de l’appel du Christ aux apôtres, appel irrésistible car il est celui de Dieu. Jean le Baptiste, qui avait perdu de vue Jésus son parent, en témoigne devant ses propres disciples, et au nom de Dieu, en disant : « Voilà l’agneau de Dieu » et ses deux disciples qui étaient là le quittent aussitôt et suivent Jésus.

Ils ne savaient rien d’autre et ils l’ont suivi !

Alors qu’ils avaient été d’abord les disciples du Baptiste …

Jésus leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Rabbi où demeures-tu ? ». Il leur dit : « Venez et voyez ! » et ils restèrent avec Lui.

C’étaient des hommes de Dieu, des hommes pieux, « en recherche » dirions-nous. Ils cherchaient leur Maître et ils L’avaient trouvé ! Ce fut André qui amena son frère Simon, en lui disant : « Nous avons trouvé le Messie ! » Simon vient aussitôt suivant son frère et Jésus lui dit : « Tu es Simon. Tu seras désormais Pierre (Kephas) » Et Pierre reste !

Même obéissance immédiate de Philippe. Le Christ se borne à lui dire : « Suis-moi ! » et il Le suit.

Ce même Philippe rencontre Nathanaël – Barthélemy – et lui dit explicitement : « Nous avons trouvé Celui dont parlent Moïse et les prophètes : c’est Jésus de Nazareth, le fils de Joseph ». Nathanaël est un peu sceptique – car ce n’était pas de Nazareth que devait venir le Messie –, mais il suit néanmoins Philippe. Jésus, le voyant approcher dit :  « Voici un véritable Israélite en qui il n’y a nulle tromperie … ». « Comment me connais-tu ? » demande Nathanaël.  Christ – Dieu ! – répond : « Avant que Philippe ne t’appelât, quand tu étais sous le figuier, Je t’ai vu ! » Nathanaël est confondu et convaincu : « Tu es vraiment le Fils de Dieu, le Roi d’Israël ».

« Vous verrez de plus grandes choses, le ciel ouvert et les anges de Dieu descendre et monter autour du Fils de l’homme » – préannonce en particulier, du Baptême de Jésus, de la Transfiguration et de la Résurrection dont les premiers témoins pour les myrrhophores sont les anges …

« Cet homme était vraiment DIEU » témoignera le centurion de la Crucifixion.

Pour le dire d’une autre manière, la Divinité émanait visiblement de Jésus. D’où le ralliement immédiat des apôtres – il y aura néanmoins parmi eux un traître – d’où les guérisons immédiates, comme celle de cette humble femme pliée en deux depuis dix-huit ans dont parle la péricope propre du 27e dimanche et qu’une seule phrase de Jésus a guérie !

II Ceci étant, les apôtres sont convertis dans l’instant – tout comme les malades sont guéris, mais l’existence des apôtres, comme celle de leur divin Maître par les routes de Palestine est loin d’être semée de pétales de roses !

Les oppositions sont immédiates et ne désarment pas. Cette pauvre juive pliée en deux est guérie … Mais c’était le jour du sabbat ! D’où l’indignation et la fureur des pharisiens : il y a six jours dans la semaine où vous pouvez faire des miracles ! Mais il faut respecter le repos absolu du sabbat – et on sait que les juifs observants, ici même, s’arrangent pour avoir, en ce jour, une aide-ménagère chrétienne pour allumer la cuisinière à gaz. « Hypocrites ! leur répond le Christ : vous ne détachez pas votre bœuf ou votre âne le jour du sabbat pour le mener à boire ? ».

Les apôtres ont eu tout le monde contre eux et les deux épîtres de ce jour en témoignent. La péricope des Ephésiens prend les choses de très haut. Restez avec le Seigneur et prenez les armes de Dieu pour combattre le diable, car notre adversaire véritable n’est pas, comme en apparence, fait de chair et de sang. C’est le démon sous toutes ses formes et en toutes ses forces ; d’où la belle évocation allégorique : prenez la ceinture de la Vérité, la cuirasse de la Justice, les sandales de l’évangélisation, le bouclier de la Foi, le casque du Salut, et l’épée spirituelle qu’est la Parole de Dieu ...

Mais les apôtres n’ont pas contre eux que les païens, les « bonnes gens » parmi les chrétiens aussi ne laissent pas de les critiquer : nous sommes les derniers des derniers, comme le dit l’apôtre, des balayures et le rebut de la terre. Nous sommes fous à cause du Christ, mais vous – et il s’adresse à des convertis qui sont même les siens – vous êtes sages en Christ. Nous sommes impuissants, continue-t-il dans le même registre, mais vous, vous êtes forts. Vous êtes honorés, et nous les apôtres –  petits ecclésiastiques d’alors … – nous sommes dédaignés. Nous avons faim et soif, nous souffrons du froid, nous travaillons de nos mains … Sommes-nous critiqués, nous bénissons, persécutés nous supportons en silence. On nous insulte et nous prions …

Pour les apôtres, on le voit, les avanies ne venaient pas seulement des ennemis païens. L’hypocrisie et la méchanceté sont partout, frères et sœurs bien-aimés …

Vicissitudes humaines, pourrions-nous dire.

Néanmoins, conclut l’apôtre Paul, je n’écris pas cela pour vous faire de la peine … Vous pouvez avoir bien d’autres supérieurs … Mais vous n’avez qu’un père, car c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ

En ce jour de saint André, bien-aimés Frères et Sœurs, prions de tous notre cœur pour les apôtres et pour tous ceux dont nous avons reçu la Foi !

 

AMIN