La France Orthodoxe
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TRANSLATION des RELIQUES de Saint NICOLAS
Matines : Jean X, 1-19
Liturgie : Hebr. XIII, 17-21 ; Luc VI, 17-23
Saint Nicolas est le patron de notre église, nous le fêtons deux fois au cours de l'année et nous avons pour lui une grande vénération : juste en vérité, car saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie, et vénéré dans toute l’Église chrétienne,est le modèle, le type pourrait-on dire, du pasteur chrétien.
En dépit de l'éloignement dans le temps, des faits sont parvenus jusqu'à nous. Il est considéré, dans beaucoup de régions, comme le patron des enfants : sa sollicitude pour les bambins ne s'inscrit pas forcément dans l'histoire, toutefois, un épisode mémorable est resté : il dota trois jeunes-filles pauvres, orphelines, afin qu'elles puissent se marier et échapper aux dangers liés à cette situation dans une époque encore brutale. Beaucoup d'autres anecdotes nous ont sans doute échappé … Mais le témoignage de la Liturgie demeure et il est édifiant.
L’Évangile de Matines dit en effet – ce sont les paroles mêmes du Christ – « Celui qui n'entre pas par la porte est un voleur » et le Seigneur ajoute : « En vérité Je suis la porte des brebis » et tous ceux qui ont été avant moi, sont des voleurs. Il précise : « Je suis le bon Pasteur ».
C'est dire combien le rôle de conducteur de peuple est exigeant et combien il est exceptionnel ! Tout naturellement, l’Épître du jour enchaîne : Respectez vos supérieurs ! C'est d'eux en effet que nous recevons la bonne doctrine – l'orthodoxie, au sens propre du terme, dont découlent toutes les bonnes œuvres des peuples chrétiens, et voilà pourquoi il faut obéir à nos maîtres.
Ces textes sont en somme un épitomé, un résumé percutant de toute la doctrine chrétienne. Et il est grand l'honneur de saint Nicolas d'être l'exemple du juste enseignement.
Comme il est normal toute la sagesse inhérente s'épanouit dans le texte de l’Évangile du jour.
Il commence par évoquer une multitude de guérisons opérées par le Christ et il poursuit par l'énumération des béatitudes, celles de Luc, un peu résumées par rapport aux béatitudes de chaque dimanche, mais plus concrètes et plus émouvantes.
Vous êtes bienheureux, vous, pauvres, parce que le royaume de Dieu est à vous,
Vous êtes bienheureux, vous qui avez faim maintenant,parce que vous serez rassasiés,
Vous êtes bienheureux, vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie,
Vous serez bienheureux lorsque les hommes vous haïront, qu'ils vous retrancheront de leurs synagogues, qu'ils vous outrageront, et rejetterons votre nom à cause du Fils de l'Homme,
Réjouissez-vous et tressaillez de joie, car votre récompense sera grande dans le ciel ;
C'est ainsi que leurs pères ont traité les prophètes !
Que notre supérieur saint Nicolas, par lequel nous recevons, en sa fête,ces saintes paroles de consolation, soit vénéré par nous avec tout notre respect et tout notre amour !
AMIN
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3-e DIMANCHE après PÂQUES
Dimanche des FEMMES MYRRHOPHORES
Matines : Marc XVI, 9-20
Liturgie : Actes : VI, 1-7 ; Marc XV, 43 – XVI,8
AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs !
I – Les textes évangéliques d’aujourd’hui sont, pour une part, dans la ligne de l’incrédulité de Thomas. La Résurrection, c’était tellement invraisemblable ! Le Christ, au matin du premier jour de la semaine, apparut à Marie-Madeleine : mais on ne la crut pas. Marc fait allusion également aux disciples qui « allaient à la campagne » [Emmaüs] : ils revinrent et racontèrent, mais on ne les crut pas ! L’ange parla aux porteuses d’aromates et il leur dit explicitement que Jésus était ressuscité, mais elles partirent effrayées et ne dirent rien à personne.
On se trouve là devant le traumatisme de ceux qui sont confrontés à l’impossible.
II - Mais nous avons aussi quelques faits qui remontent à ces toutes premières heures. Il y a la démarche courageuse de Joseph d’Arimathie, juif d’autorité, qui ne craint pas d’aller demander à Pilate le corps de Jésus. Pilate s’étonne que Jésus soit déjà mort (il s’agit donc de ce qui vient tout juste de se produire), et, après confirmation du centurion, il remet le précieux Corps à Joseph – qui acheta un linceul, détacha le Corps, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans le sépulcre. Il y a donc bien eu une phase du linceul avant celle des bandelettes que, tous les évangiles l’attestent, on trouva dans le sépulcre après la résurrection. Il faut comprendre ces opérations successives dans la perspective de la mentalité juive : le contact d’un corps mort était impur. D’où les démarches successives de Joseph d’Arimathie : il achète un grand drap, y reçoit – sans le toucher ! – le Corps de Jésus, l’y roule et le dépose dans le sépulcre.
Après interviennent les phases de la toilette du mort, dont les diverses civilisations évitent de parler. Ces phases accomplies par des mains non-juives, le défunt est enveloppé des bandelettes, comme une momie – celles dont parlent les évangiles de la résurrection –, et alors seulement les myrrhophores peuvent mettre, sur ces bandelettes, les aromates, portés par des mains juives donc sans contact impur avec un cadavre.
Ces porteuses d’aromates – dont parle ici saint Marc – se demandent qui leur ôtera la pierre, très lourde, posée contre le sépulcre : nous savons, par le « douzième » évangile de la résurrection (celui qu’on ne lit qu’une fois l’an, le grand samedi – qu’un ange est descendu dans un éblouissement de lumière, a écarté la pierre et s’est assis dessus …).
Ces faits, dans leur complexité, ces incrédulités relèvent de l’événementiel des premières heures.
III – Il s’agit désormais avec la lecture d’aujourd’hui des Actes des Apôtres, non plus des premières heures, mais des débuts de la communauté chrétienne.
Il y avait eu des conversions, par milliers parfois, parmi les Juifs y compris leur « clergé », mais aussi parmi les étrangers, les « grecs » comme on disait alors, le grec étant la langue véhiculaire de ceux qui ne parlaient pas l’araméen.
Le christianisme s’étendait.
Cette extension n’était pas sans problèmes, sans frictions inter communautaires, comme nous dirions aujourd’hui. Cela est « humain » constaterions-nous et n’est pas surprenant. Mais la conclusion qu’en ont tirée les apôtres, est décisive pour le développement de la nouvelle communauté : c’est l’institution du diaconat. La fonction proprement apostolique est la prédication de la Parole. Mais le sacerdoce est, depuis ces tout premiers temps apostoliques, complété et assisté par le service des diacres et ceux-ci reçoivent l’imposition des mains.
Que le Seigneur nous donne de bien comprendre ces débuts du Christianisme et de nous en inspirer !
AMIN
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L’ANTIPÂQUE ou DIMANCHE de THOMAS
Vêpres : XXVIII, 16-20
Liturgie : Actes V, 12-20 ; Jean XX, 19-31
Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !
Bien-aimés Frères et Soeurs,
I – Antipâque car elle est en regard de la Pâque et lui faisant suite : nous sommes encore dans la Semaine Lumineuse et l’anti-pâque est aussi le Dimanche de Thomas.
La Résurrection est hors de toute norme et elle a perturbé les plus fidèles : l’Evangile, premier des onze, lu hier soir, raconte l’apparition du Christ à Ses apôtres sur cette montagne de Galilée qu’Il leur avait indiquée ; Il leur parle, les Apôtres, même ceux qui avaient douté se sont tous prosternés …
Dans les semaines qui ont suivi Thomas ne se distingue pas des autres apôtres qui se retrouvaient au Portique de Salomon, étaient entourés et faisaient des miracles … Ce Thomas avait été choisi par Jésus. Dès le commencement, il faisait partie des douze. Il avait suivi Jésus pendant les trois années de Son ministère. La vie des Apôtres était une vie difficile d’errance et d’épreuves que décrit ensuite l’apôtre Paul dans ses épîtres. On les tenait facilement pour des illuminés, des moins que rien. Ils devaient travailler de leurs mains pour subsister, ils étaient pauvres, ils souffraient de la faim, de la soif, du froid. On les frappait éventuellement, on les calomniait, on les insultait. Eux, en revanche, dit encore saint Paul, ils bénissaient, ils priaient pour ceux qui les maltraitaient. Vie de misère et d’épreuves !
Pendant trois ans, Thomas avait suivi, il avait supporté, « sans hésitation ni murmure », dirions-nous. Il ne se mettait pas en avant, il était simplement et humblement un fidèle compagnon du Christ. Mais les trois fois où les évangiles le mentionnent personnellement sont riches d’enseignement pour nous, révélatrices aussi de sa personnalité. Lors de la mort de Lazare, Christ, en dépit de toutes les menaces, les avertissements, les dissuasions, voulait monter à Jérusalem peu avant la Pâque, Thomas alors s’exclama : « Allons-y aussi et mourons avec Lui ! »
Ce n’était pas un tiède, mais un fidèle et un courageux.
A la spontanéité et à la simplicité de cet apôtre, nous devons une réponse fondamentale pour la vie spirituelle. Jésus avait parlé de la maison de Son Père où il y a beaucoup de demeures et où Il allait préparer aussi leur demeure … « Vous savez où je vais … » et Thomas l’interrompt et Lui dit : « Seigneur nous ne savons pas où tu vas : comment pourrions-nous connaître le chemin ? » et le Christ notre Dieu répond : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie ! » : Tout est dit ! C’est vrai, l’honnête Thomas avait été surpris et déconcerté …
II – Mais en cette occurrence-ci …C’était sitôt après la Crucifixion. Les apôtres étaient dans le trouble et l’affliction. Ils s’étaient réunis dans un lieu fermé « par crainte des juifs ». Or voici que, toutes portes étant closes, Jésus fut avec eux, Il leur dit : « La Paix soit avec vous », leur montra Ses mains et Ses pieds, souffla sur eux et leur donna le pouvoir de remettre ou de retenir les péchés …
Thomas n’était pas présent, mais quand les autres apôtres lui racontèrent qu’ils avaient vu le Seigneur, alors là l’humble patient et courageux Thomas ne suit plus ! « Si je ne vois pas la traces des clous, si je ne mets pas mon doigt dans les plaies, si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirais pas ! »
Il est vraiment « dépassé » … « Bloqué » dirions-nous même : il ne peut plus.
Pourquoi, Bien-aimés Frères et Sœurs ?
Certes, Jésus était le Christ. Thomas en était convaincu … Mais là, il ne peut plus, parce qu’il se trouve en fait devant LA DIVINITÉ du Christ ! Vous avez entendu la suite : huit jours après, tous étant rassemblés et Thomas avec eux, les portes étant pareillement fermées, Christ fut à nouveau parmi eux … « La Paix soit avec vous ! » et il s’adresse à Thomas : « Thomas, avance ton doigt …, ta main …et ne soit plus incrédule … » Thomas s’exécute et s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » – ce que nous répétons après lui, des siècles après.
Lui, l’incrédule momentané, il a été le premier à reconnaître LA DIVINITÉ du Christ.
III – Récit inoubliable, imprimé dans nos cœurs : le Christ n’était pas seulement un homme : Il était Dieu ! Mais cet épisode évangélique, ce n’est pas seulement un fait historique ancien. TOUS LES DIMANCHES, Frères et Sœurs bien-aimés, VOUS LE VOYEZ !
A un certain moment de la Liturgie, après la Consécration et tout de suite après la récitation du Notre Père, avant : « Les choses saintes aux saints ! », vous le savez, on ferme le rideau du sanctuaire. TOUTES PORTES ÉTANT CLOSES c’est la communion du clergé. Les diacres, le prêtre s’embrassent sur les épaules en disant : - « Christ est parmi nous ! », et la réponse est : « Il est et sera ! » Parce que le Christ est vraiment présent зerceptiblement et invisiblement.
La chaleur aussi est perceptible et on ne la voit pas !
Ce n’est pas, pour votre clergé, la « peur des juifs », mais l’accomplissement du commandement.
Mais tout de suite après, les portes s’ouvrent, et c’est vous les fidèles justement préparés qui recevez, visiblement et perceptiblement, le Corps et le Sang de Jésus-Christ. Le Sanctuaire s’ouvre sur l’Eglise, comme l’Eglise sur le Monde, et c’est le Christ Dieu qui est avec nous !
Restons toujours avec Lui !
AMIN
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GRAND SAMEDI de la PASSION
Epître : Rom. VI, 3-11 ; Mat. XXVIII, 1-20
AU NOM DU PERE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,
En cette veille de Pâques, alors que nous sommes déjà revêtus de blanc, l’apôtre nous rappelle cette vérité fondamentale, c’est dans la mort du Christ que nous avons été baptisés. Lors de la crucifixion, de Son côté percé par la lance de Longin le centurion, sont sortis de l’eau (représentant le baptême) et du sang (signifiant la communion). Nous avons été ensevelis dans Sa mort par le baptême par immersion totale – jusqu’à ce que l’enfant perde le souffle soulignent des prêtres ! – et nous ré-émergeons dans une vie nouvelle. Sur la croix, notre vieil homme a été crucifié avec le Christ afin que le corps du péché soit détruit.
Si nous sommes morts au péché, ressuscitant avec Lui, nous vivrons avec Lui : car le Christ est mort une fois pour toutes et la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Étant morts avec Lui, avec Lui nous vivrons pour Dieu, en Christ notre Dieu.
En cette épître c’est la vérité fondamentale et liminaire de notre vie chrétienne qui est ainsi exposée.
Singulièrement mémorable est également l’évangile de ce jour. Comme vous le savez, chaque samedi soir aux matines, le prêtre lit un des « évangiles de la Résurrection ». Il y a ainsi onze récits de la résurrection, que l’on lit du premier au onzième, un par samedi, et quand on est arrivé au onzième, on recommence au premier.
Mais en fait, il n’y a pas que onze récits, il y en a douze, mais celui que vous venez d’entendre est lu seulement aujourd’hui, Grand Samedi. Dans tel ou tel des autres, les myrrhophores s’interrogent : « Qui nous roulera la pierre ? », car elles savaient que cette pierre était très lourde. Or voici la réponse, frères et sœurs : un ange est descendu du ciel, il a roulé la pierre et s’est assis dessus !
L’ange leur annonce que le Christ est ressuscité et qu’Il précédera Ses disciples en Galilée. Le Christ d’ailleurs leur apparaît peu après : elles Lui embrassèrent les pieds et elles L’adorèrent. Il leur confirme qu’Il apparaîtra aux apôtres en Galilée.
Quelques-uns des gardes rapportent aux autorités ce qui était arrivé. Les anciens et autres autorités furent troublés : ils donnèrent de l’argent aux gardes en leur ordonnant de dire que les disciples de Jésus sont venus et ont dérobé son corps, ce qui est la version divulguée par les gardes et parvenue, parmi les Juifs, jusqu’à nos jours. Quant au récit de Matthieu, il saute d’emblée à l’apparition de Jésus à Ses disciples en Galilée. C’est là que le Christ dit aux apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père du Fils et du Saint Esprit ».
C’est la seule fois où la Christ exprime cette formule bénie et toujours vénérée : au nom du Père du Fils et du Saint Esprit.
L’évangile de ce jour aboutit ainsi au Baptême par lequel, avec l’épître aux Romains, nous avions commencé.
AMIN
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GRAND JEUDI de la PASSION
AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !
Bien-aimés Frères et Sœurs,
Le Grand Jeudi est au cœur de la semaine de la Passion et il est au cœur de notre Foi.
I – C’est la grande semaine de la souffrance. Le Seigneur a déjà été trahi et Il le sait : c’est le mercredi, en effet qui est le jour mémorial de la trahison de Judas, et le lendemain vendredi est le jour de la crucifixion. Entre ces deux jours – que nous marquons chaque semaine par le jeûne – prend place le Grand Jeudi qui est le jour suprême de notre Foi, celui de la Consécration.
Le Seigneur a toutes les raisons d’être triste : Judas L’a déjà trahi, peu après tous les autres apôtres L’abandonneront et Il sera seul pour le Sacrifice de la Croix.
Or c’est en ce jour, à tous égards central, qu’Il institue l’Eucharistie, la consécration de Son Corps et de Son Sang pour le Salut de multitudes d’hommes et de femmes. C’est le Mystère – la communication au Sacré – fondamental de notre foi et à travers toute l’histoire, il est unique.
Le sacrifice est au cœur de beaucoup de religions : il est normal d’offrir un vivant à Dieu. Dieu est senti comme la source de la Vie : c’est un retour normal que de Lui offrir un vivant. Beaucoup de religions sacrifiaient à Dieu un animal : c’était le cas de beaucoup de civilisations rurales, la bête sacrifiée avait été élevée avec sollicitude et représentait par suite une valeur fondamentale. Parfois on sacrifiait un humain, ce qui est le cas de beaucoup d’autres civilisations également proches.
Mais jamais le sacrifice n’était le sacrifice d’un dieu, à plus forte raison DU DIEU UNIQUE, du Dieu volontaire. Cette conjonction ne se trouve QUE dans le Christianisme.
Mais le Christ notre Dieu, en fondant en ce jour même l’Eucharistie, consacre Son propre Corps et Son propre Sang pour le salut de beaucoup, et explicitement, ce sacrifice est destiné à être renouvelé : « Faites ceci en mémoire de Moi ». C’est un sacrement éternel, le christianisme est, en ceci, exceptionnel et unique.
II – Mais, en ce même jour du Grand Jeudi, Christ notre Dieu renouvelle fondamentalement par le Lavement de pieds la notion de supériorité. Cette idée d’être « le premier » était au cœur des mentalités, y compris religieuses. « Qui est le plus grand » se demandent implicitement ou explicitement les apôtres. Jean et Jacques demandent au Christ de siéger l’un à Sa droite, l’autre à Sa gauche dans Son Royaume et cette demande suscite beaucoup de contestations parmi les autres apôtres.
Le Christ, en ce jour, montre que Ses disciples fidèles n’avaient encore rien compris. Il Se ceint Lui-même d’un linge et se met à laver les pieds de Ses propres disciples. Pierre dont on sait combien il était spontané, proteste d’abord violemment, mais le Christ lui dit que s’il ne se laisse pas laver les pieds par Lui, il n’entrera jamais dans le royaume des cieux ! « Alors, aussi bien, riposte-t-il, la tête et les mains ! »
Il était spontané et sincère …
Mais ce qui est fondamental et que le Christ explicite, c’est qu’il n’y a pas de supériorité parmi les disciples, si ce n’est en leur service. Cela renverse complètement la notion traditionnelle de supériorité. Les supérieurs, antérieurement se faisaient servir. Le Christ n’est pas venu pour Se faire servir, mais pour servir !
Tout est changé : L’Eglise n’est pas une société comme les autres, elle est une société fondamentalement autre : Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers !
III – Mais Christ illustre en Lui-même et lors de ce Grand Jeudi, par les abandons qu’Il constate la vérité de cette doctrine fondamentale : les premiers seront les derniers.
Le Grand Jeudi est en effet le jour où Judas, l’un des douze, consomme sa trahison ! Il arrive avec des hommes d’armes. Suprême dérision, c’est par un baiser – salutation antique traditionnelle – qu’il désigne le Christ à ses complices qui s’emparent de Lui.
Mais les autres disciples ? Au cours de cette même soirée, le Christ, par trois fois, se retire pour prier et recommande à ses disciples de prier aussi : Mais Il les trouve endormis ! Lors de la soirée, Il leur annonce que tous l’abandonneront. Pierre, évidemment, proteste qu’il ne Le reniera jamais ! Mais le Christ lui annonce : « Avant que le coq ne chante, tu m’auras renié trois fois ». Ce qui se produit effectivement.
Le troisième enseignement fondamental de ce Grand Jeudi, c’est la solitude totale du Christ dans Son Sacrifice rédempteur : Il ETAIT SEUL parce que tous L’avaient abandonné !
Que le Christ nous donne, Bien-aimés Frères et Sœurs, de ne jamais L’abandonner !
AMIN
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