La puissance de la Foi

(Luc 8:41-56)

 

Que nous révèle la lecture du saint Évangile de ce dimanche ? –La puissance et le pouvoir de la foi en la grâce salvatrice de Dieu.

Un homme du nom de Jaïre, chef de la synagogue, vient trouver le Christ Sauveur. Un terrible malheur l’avait atteint : sa fille de douze ans était mourante. Le père éploré place tout son espoir dans l'humble maître de Galilée, dont le pouvoir miraculeux a maintes fois relevé du lit de la maladie des personnes souffrantes et condamnées à mort. Le Christ répond à l'appel de Jaïre. Il se rend dans sa maison entouré de Ses disciples et de la foule qui L'accompagnent constamment. Et dans cette foule, une femme qui souffraitdepuis de nombreusesannées de pertes de sang et qui avait dépensé toute sa fortune en médecins, comme en dernier espoir, touche avec foile bord du vêtement du Maître et est immédiatement guérie.

« Qui m'a touché ? » – demande le Seigneur omniscient.... Les disciples sont stupéfaits... « Maître, la foule t'entoure et te presse, et tu dis : « Qui m'a touché ? – Quelqu'un m'a touché, car j'ai senti une force qui sortait de moi », insiste le Sauveur... Et c'est en tremblant que vient à Lui celle qui venait d’être guérie, elle tombe à Ses pieds et se repent humblement d'avoir ainsi audacieusement “volé” le gracieux pouvoir de guérison ... Et les paroles Divinesse font entendre : « Ta foi t'a sauvée ; va en paix ». Rien n’est impossible quand on a la foi. La foi, au-delà de toute espérance, accomplit ce qui est demandé.

Mais alors qu’Il disait encore cela, un homme vient de la maison du chef de la synagogue et Lui dit : «Ta fille est morte ; ne dérange pas le Maître». La faiblesse humaine connaît ses limites en tout. Elle connaît aussi ses limites dans la foi : si elle est morte, il est donc trop tard, et même la puissance divine ne peut plus rien. «Ne crains pas, dit le Seigneur au père troublé et angoissé, crois seulement, et elle sera sauvée». Et une fois de plus, la foi accomplit l'espérance ... Dans le cercle étroit de Ses disciples les plus proches ainsi que du père et de la mère de la défunte, le Seigneur rend la vie à la fille et ordonne aux personnes présentes de ne parler à personne de la résurrection qui a eu lieu.... Le mystère de la foi ne peut pas être raconté à ceux qui en sont «extérieurs» ... A ceux qui ne croient pas et ne croiront jamais à ce que peut faire la foi ...

Ce sont làdes exemples de foi que nous donne la présente lecture de l'Évangile, exemples dans lesquels, comme nous le voyons, l'impossible devient possible par la foi, ce qui semble irréalisable se réalise dans la vie réelle. Mais, nous dira-t-on, tout cela se passait au temps de l'Évangile, mais aujourd'hui, de nos jours, nous ne connaissons ni ne voyons de tels phénomènes... Et en effet, l'incrédulité cherchera toujours une explication en dehors de la foi. .... On vous dira : c’est de l’autosuggestion ... de l'hypnose ... c’est simplement un fait exagéré et déformé, en soi insignifiant, mais n’ayant rien à voir avec la puissance ou la sagesse de Dieu.

Mais prenons notre époque. Une mère de famille est malade. Ses jours sont comptés. Le médecin refuse de tenter quoi que ce soit. «Maintenant, tout espoir ne repose qu’en Dieu seul». Et l’on recourt à la dernière solution : envoyer un télégramme ausaint père Jean de Cronstadt. Sur les ailes enflammées de la foi, la prière de l’admirablepasteur russe s'envole vers le trône de Celui qui règne sur la vie et la mort. Et l'impossible s'accomplit : la femme malade se lève de son lit de souffrance ... N'avons-nous pas, pour beaucoup d'entre nous, connu des cas dans notre vie où le « lien naturel des phénomènes » était interrompu, où une infime graine de foi opérait un miracle ?

Que face au mystère de la foi s'arrête donc l'esprit humain, qui tente d'enfermer dans ses limites l'être avec tous ses mystères inexprimables. Il y a une limite au-delà de laquelle la connaissance doit reconnaître qu'il existe un domaine où ses lois sont impuissantes, elle doit s'humilier et céder la place à une foi vivante et efficace... Et le mystère de cette foi ne sera révélé qu'à celui qui « croit avec une espérance au-delà de l'espérance » et qui, dans cet exploit de foi, recevra l'assurance intérieure que sa confiance en Dieuest indéfectible et absolue.

 

Hiéromoine MÉTHODE

 

 

 

Сила веры

 

(Лук. 8:41-56)

 

В Святом Евангелии, которое читается на литургии нынешнего воскресного дня, раскрывается нам, братие, благодатная сила и мощь веры в спасающую Десницу Милости Божией.

Ко Христу Спасителю приходит некий человек, именем Иаир, начальник синагоги. Его постигло тяжелое горе: двенадцатилетняя дочь его лежит присмерти. Вся надежда скорбящего отца на смиренного Галилейского Учителя, чудотворная сила Которого уже не раз воздвигала от одра болезни страждущих и приговоренных к смерти. И Христосъ откликается на зов Иаира. Он идет в его дом, идет окруженный учениками и теснимый постоянно сопровождающим Его народом. И в этой толпе одна женщина, страдающая кровотечением и издержавшая на врачей все свое состояние, в последней надежде, с верою касается края одежды Учителя и тотчас получает исцеление.

"Кто прикоснулся ко Мне?" - спрашивает всеведущий Господь... Ученики удивлены... "Наставник! народ окружает Тебя и теснит, - и Ты говоришь: кто прикоснулся ко Мне?" – "Прикоснулся ко Мне некто; ибо Я чувствовал силу исшедшую от Меня," - настаивает Спаситель… И с трепетом подходит к Нему исцеленная, падает к ногам Его и смиренно кается в дерзновенном "похищении" благодатной целительной силы... И слышится Божественное: "дерзай, дщерь! вера твоя спасла тебя; иди с миром." ... Для веры нет невозможного... Вера сверх надежд осуществляет надежду…

"Когда Он еще говорил это, приходит некто из дома начальника синагоги и говорить ему: дочь твоя умерла; не утруждай Учителя." Человеческая немощь во всем знает предел. Знает предел и в вере: если умерла, то - значить уже поздно, значит, не поможет и Сила Божественная. "Не бойся," обращается Господь к смущенному и подавленному скорбью отцу, - "только веруй, и спасена будет." И опять вера осуществляет надежду... В тесном кругу самых близких Своих учеников и отца и матери умершей, Господь возвращает ей жизнь и повелевает присутствующим не сказывать никому о происшедшем воскрешении... Тайна веры не может быть поведана "внешним"... Те, кто не верят, и не поверят и в то, что сделала вера…

Вот, братие, примеры веры, которые дает нам нынешнее евангельское чтение, примеры, в которых, как видим мы, невозможное чрез веру становится возможным, неосуществимое осуществляется в действительной жизни. Но, скажут нам, все это было во времена евангельские, а теперь, в наши дни, мы не знаем и не видим подобных явлений … Неверие всегда будет искать выхода без веры и помимо веры... Самовнушение... Гипноз... просто преувеличенный и искаженный, сам по себе незначительный факт, но только не Божия сила и не Божия премудрость.

Но возьмем наши времена... В семье больна мать... Ее дни сочтены... Врач отказывается от всяких попыток... "Теперь вся надежда только на Бога." Прибегают к последнему средству: посылают телеграмму св. от. Иоанну Кронштадтскому. На огненных крыльях веры летит молитва всероссийского пастыря-молитвенника к Престолу Того, Кто господствует над жизнью и смертью. И невозможное совершается: больная встает с одра болезни... Да разве у многих из нас в жизни не было случаев, когда прерывалась "естественная связь явлений," когда горчичное зерно веры творило чудо?

Итак, пусть остановится пред тайной веры человеческий ум, посягающий заключить в своих пределах бытие со всеми его невыразимыми тайнами. Есть предел, за которым знание должно признать, что есть область, в которой безсильны его законы, должно смириться и уступить живой и действенной вере … А тайна этой веры откроется только тому, кто "сверх надежды поверит с надеждой," и в этом подвиге веры своей получит внутреннее удостоверение непреложности своего упования.

 

Iеромонахъ МЕƟОДIЙ /Савелов-Йогель/

 

 

Le Bon Samaritain

 

« Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? ». Un docteur de la Loi, non pas un homme du milieu de la foule, mais un savant, un docteur de la Loi, interroge ainsi le Seigneur. – « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu... et ton prochain comme toi-même ». Telle est la réponse de l'Ancien Testament à la question posée. Si le vieil Israël comprenait ce qu’était l'amour envers Dieu, il tâtonnaitquant au commandement d'aimer son prochain, d'où la question du docteur de la Loi : « Qui est mon prochain ? » Dans la question « Qui est mon prochain ? », la vision du vieil Israël ne s'étendait pas au-delà du peuple d'Israël, le prochain ne pouvait être qu’un Israélite. Le devoir d'amour pour le vieil Israël ne s'appliquait qu'à ses compatriotes.

C’est précisément cette conception erronée du vieil Israël que le Seigneur nous révèle dans la parabole du Bon Samaritain miséricordieux. Les Samaritains et les Juifs nourrissaient les uns envers les autres des sentiments hostiles. Pour le Juif notamment, le Samaritain était impur et méprisable.

Un Israélite qui se rendait à Jérusalem fut attaqué par des brigands. Ils le dépouillèrent de ses vêtements, lui infligèrent des blessures et l'abandonnèrent à peine vivant. Un prêtre juif, puis un lévite, passaient par le même chemin. Voyant le malheureux, chacun d'eux s'approcha de lui, le regarda, et tous deux passèrent leur chemin. Mais voilà qu’un Samaritain passaitpar ce mêmechemin. Quand le Samaritain vit le malheureux, il eut pitié de lui, versa de l'huile et du vin sur ses plaies, pansa ses plaies, le mit sur son âne, le conduisit à une auberge, donna de l'argent à l'aubergiste en lui demandant de prendre soin du malheureux.

« Lequel des trois était le plus proche de celui qui était tombé entre les mains des brigands ? A ton avis, lequel ? » – demanda le Seigneur au docteur de la Loi. Et sa réponse fut : « Celui qui lui a fait montre de miséricorde ». « Va et fais de même ».

Lorsque le docteur de la Loiavait demandé au Seigneur : « Qui est mon prochain ? », il identifiait encore son prochain comme un membre de sa tribu, un membre du peuple d'Israël. En disant « Va et fais de même » au Juif érudit, le Seigneur indiquait le caractère universel du commandement d'aimer son prochain. En confirmant le commandement d'aimer son prochain, Jésus-Christ fait de ce commandement non seulement le centre de tous les autres, mais il le relie inséparablement au commandement d'aimer Dieu, et Il rend ce commandement universel ; on doit aimer non seulement ses amis, mais aussi ses ennemis personnels.

« C’est ici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés », dit le Seigneur. Mais l'amour du prochain est-il possible sans l'amour de Dieu ? Non, c'est impossible. On ne peut pasêtreagréable à Dieu si l’on ne respecte pas les gens, surtout les plus démunis, ceux qui semblent les moins dignes d’attention. L'amour du prochain n'est pas séparable de l'amour de Dieu, et inversement : l'amour de Dieu est inséparable de l'amour du prochain. Celui qui dit : « J'aime Dieu, mais je hais mon frère, celui-là est un menteur », dit l'apôtre Jean le Théologien.

L'amour parfait nous a été révélé en la personne de notre Seigneur Jésus-Christ. « Bien-aimés, - nous dit le même Apôtre de l'amour, - aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas, n'est pas de Dieu ».

L'amour du prochain n'est pas, simplement, d’avoir de la considération pour l'autre, et ne doit pas être confondu avec la charité, la bienfaisance. L'amour est un sentiment religieux à sa source, car il est l'œuvre de Dieu en nous. Venu de Dieu, l'amour retourne à Dieu, car en aimant nos frères, nous aimons le Seigneur en personne, etalors nous formons ensemble le Corps du Christ.

Pour réaliser dans notre vie l'amour que Dieu nous a commandé, il est avant tout indispensable de dépasser l'idée purement humaine et banale de l'amour.

Dans la parabole du Bon Samaritain, le Seigneur nous délivre un enseignement pratique, à savoir qu'il ne nous appartient pas de décider qui est notre prochain ; une personne dans le malheur, même si elle est mon ennemie, m'oblige à devenir son prochain. L'amour du chrétien doit se manifester à l'égard de toute personne que Dieu nous permet de rencontrer sur le chemin de notre vie – c'est en cela que se distingue le Nouveau Testament, l'Église du Christ, de l'Israël de l'Ancien Testament. Amen.

 

Évêque MITROPHANE /Znosko-Borovsky/

 

 

 

Милосердный Самарянин 

 

« Что должен делать человек, чтобы иметь жизнь вечную? » – спросил Господа законник, не человек «из толпы», а ученый, законник. «Возлюби Господа Бога твоего... и ближнего твоего, как самого себя». Таков ответ Ветхого Завета на заданный им вопрос. Если понятна была ветхому Израилю любовь к Богу, в заповеди о любви к ближнему они блуждали; отсюда и вопрос законника: «кто мой ближний?». В этом вопросе кругозор ветхого Израиля не выходил за пределы Израильского народа. Под «ближним» подразумевался только израильтянин, посему долг любви у ветхозаветного Израиля относили только к своим соплеменникам, только к израильтянам.

Это заблуждение ветхого Израиля и раскрыл Господь в притче «о милосердном самаряныне». Самаряне и иудеи враждовали между собою. Самарянин для иудея был человеком нечистым и презренным.

На некоего человека, израильтянина, шедшего в Иерусалим, напали разбойники. Они совлекли с него одежду, изранили и ушли, оставив его едва живым. Проходили той дорогой иудейский священник, затем и левит. Увидав несчастного, каждый из них подошел к нему, посмотрел, и... прошел мимо. Но вот проезжал той дорогой Самарянин. Увидав несчастного, самарянин сжалился над ним, перевязал ему раны, возливая масло и вино, и, посадив на своего ослика, привез его в гостиницу, дал хозяину гостиницы деньги, прося позаботиться о несчастном.

«Кто из троих был ближний попавшемуся разбойникам? – как ты думаешь?» – спросил Господь законника. И был его ответ: «оказавший ему милость». «Иди и ты так же поступай».

Когда законник спросил Господа: «кто мой ближний?», он еще отожествлял ближнего со своим соплеменником, с членом Израильского народа. Словом: «иди и ты поступай так же», сказанным ученому иудею, Господь указал на вселенский характер заповеди о любви к ближнему. Подтверждая заповедь о любви к ближнему, Иисусъ Христосъ делает эту заповедь не только средоточием всех остальных, но и неразрывно связывает ее с заповедью о любви к Богу, делает эту заповедь универсальной; надо любить не только друзей, но и личных врагов своих (Матф. 5:43–48).

«Сия есть заповедь Моя, да любите друг друга, как Я возлюбил вас», – говорит Господь. Но возможна ли любовь к ближнему без любви к Богу? Нет, невозможна. Нельзя угодить Богу, не уважая других людей, особенно самых покинутых, наименее заслуживающих внимания. Любовь к ближнему не отделима от любви к Богу, и наоборот: любовь к Богу не отделима от любви к ближнему. «Кто говорит: я люблю Бога, а брата своего ненавидит, тот лжец», – говорит Апостол Иоанн Богослов.

Совершенная любовь открылась нам в Лице Господа нашего Иисуса Христа. «Возлюбленные!» обращается к нам тот же «апостол Любви» – «будем любить друг друга, потому что любовь от Бога; и всякий любящий рожден от Бога и знает Бога. Кто не любит, тот не от Бога».

Любовь к ближнему не есть простое внимание к другому, ее нельзя смешивать и с благотворительностью. Любовь – это чувство религиозное по своему источнику, ибо она является действием Божиим в нас. Придя к нам от Бога, любовь к Богу и возвращается: ибо любя братьев своих, мы любим Самого Господа, так как вместе составляем Тело Христово (Рим. 12:5–10; 1Кор. 12:12–27).

Чтобы осуществить в жизни Богом заповеданную нам любовь, необходимо, прежде всего, преодолеть узко-человеческое, бытовое представление о любви.

В притче «о милосердном самаряныне» Господь дает нам практическое указание, а именно: не мне решать, кто мой ближний; человек в беде, будь он даже мой враг, побуждает меня стать его ближним. Любовь христианина должна проявляться к любому человеку, которого Богъ дает нам встретить на нашем жизненном пути, – в этом отличительная черта Нового Завета, Церкви Христовой, от Израиля ветхозаветного. Аминь.

 

Епископъ МИТРОФАНЪ /Зноско-Боровскiй/

 

 

 

Dimanche de Zacchée

 

Les semaines de préparation au Grand Carême sont précédées par la lecture de l'Évangile sur Zacchée. Encourageant les pécheurs que nous sommes, le Seigneur dit : « Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».

Alors qu’il était en chemin vers Jérusalem, Jésus-Christ s'est arrêté à Jéricho pour se reposer. Les deux classes sociales les plus importantes de la population de Jéricho étaient les prêtres et les collecteurs d'impôts. Et dans cette ville, où vivaient de nombreux prêtres, Zacchée était le chef des collecteurs d'impôts en faveur des occupants Romains, et en tant que tel il était détesté par le peuple. Ainsi, il était tout naturel de s'attendre à ce que le Messie, le Fils de David, soit accueilli dans la maison de l'un des prêtres, les descendants d'Aaron, mais il n'en fut pas ainsi : le lieu de repos de Jésus-Christ fut déterminé par un événement auquel les habitants de la ville ne s'attendaient nullement.

Zacchée, qui était un grand pécheur, avait le désir profond de voir de ses propres yeux quel genre de personne était ce Jésus-Christ, dont la renommée grandissait parmi la population. Étant de petite taille, il ne pouvait pas, à cause de la foule, apercevoir le Christ. C'est pourquoi, alors que Jésus traversait la ville, Zacchée partit devant en courant et grimpa dans les branches étalées d'un figuier qui se trouvait au bord de la route. C'est sous cet arbre que Jésus-Christ devait passer, et Zacchée aurait ainsi la possibilité de bien Le voir, de voir Celui qui non seulement n’éprouvait aucune haine à l’encontre des collecteurs d'impôts, mais qui avait même élevé l'un d'entre eux au rang d'apôtre.

Tandis que Jésus s'approchait, Zacchée Le vit réellement ce qui le remplit de joie. Mais, imaginez la joie qui fit battre son cœur lorsque Celui qui était reconnu commele Messie de Son peuple s'arrêta sous cet arbre, leva les yeux et, l'appelant par son nom, lui dit de descendre rapidement, parce qu'il avait l'intention de s’arrêter chez lui. Lui, pécheur, méprisable collecteur d’impôts, il lui était donné non seulement de voir Jésus-Christ, la Lumière du monde, le Messie, mais encore de Le recevoir dans sa maison, de partager le repas avec Lui, et de Lui proposer de dormir chez lui ! Zacchée se hâta de descendre de l'arbre et conduisit cet Invité de marque dans sa maison.

Mais le peuple s'était unanimement mis à protester bruyamment. Il leur semblait tout simplement inconvenant et humiliant que le Messie s’arrêtât dans la maison d'un pécheur méprisable, un publicain, dont la profession était à elle seule le symbole de l'humiliation nationale du peuple. Mais la parole miséricordieuse de Jésus avait plus de poids pour Zacchée que les cris et les insultes de la foule. La parole du Seigneur, avec laquelle Jésus-Christ s'était adressé à lui, avait redonné vie au pécheur qu’il était et avait ranimé en Zacchée, avec une force vivifiante, les bonnes qualités de son âme, qui avaient été étouffées par son appât du gain, son égoïsme et le mépris de son entourage. Ravi de l'attention et de l'honneur qui lui étaient témoignés, Zacchée se leva de table et déclara solennellement : « Seigneur, je donnerai la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je le lui rendrai au quadruple ».

La noble abnégation de ce publicain méprisé, qui avec une telle franchise renversait l'idole de sa vie, - l’appât du gain -, justifiait l'honneur que le Christ lui avait fait, et le Sauveur s'exclama : « Maintenant le salut est venu dans cette maison, car lui aussi est fils d'Abraham », Abraham le père des fidèles. Maintenant le salut est donc venu dans cette maison, car lui aussi est fils d'Abraham, c’est-à-dire qu’il est un fils du père des fidèles. Par ces paroles, le Seigneur dénonçait ceux qui L'avaient condamné parce qu'Il était entré dans la maison d'un pécheur, Il dénonçait ceux qui, aujourd'hui encore, comprennent la "filiation d'Abraham" de façon physique et non spirituelle.

Et nous tous, nous sommes des "fils d'Abraham" si nous gardons la foi dans le vrai Dieu, si nous gardons la fidélité à Celui qui est la Lumière de l’Intelligence et le Soleil de la Vérité pour toute l'humanité, si nous restons fidèles à notre Seigneur Jésus-Christ. La Parole de Dieu est une Parole éternelle, et Elle ranime encore les âmes des pécheurs et de tous ceux qui ont préparé leur cœur à la rencontre du Seigneur. Amen.

 

Évêque MITROPHANE /Znosko-Borovsky/

 

 

 

Неделя  о  Закхее

 

Евангельским чтением о Закхее предваряются подготовительные недели к Великому Посту. Ободряя нас, грешников, говорит Господь : «Сын Человеческий пришел призвать и спасти погибших».

Направляясь в г. Иерусалим, Иисусъ Христосъ задержался на отдых в г. Иерихоне. Двумя наиболее выдающимися классами в населении г. Иерихона были священники и мытари. Это был по преимуществу священнический город, в котором одним из начальников мытарей был Закхей. Как начальник сборщиков податей в пользу римлян, Закхей был ненавидим народом. И естественно было ожи дать, что Мессия – Сын Давидов – будет принят в доме одного из священников, потомков Аарона, но случилось не так : место отдыха Иисуса Христа определило нежданное жителями города событие.

Грешник Закхей имел глубокое желание увидеть своими глазами, что за личность был Иисусъ Христосъ, слава о Котором гремела среди народа. Будучи мал ростом, он не мог, из-за тесной толпы, даже взглянуть на Христа. Поэтому, когда Иисусъ проходил через город, Закхей забежал вперед и взобрался на развесистые ветви смоковницы, стоявшей у дороги. Под этим деревом должен был пройти Иисусъ Христосъ, и Закхею предоставлялась полная возможность видеть Его, видеть Того, Который не только не питал обычной для всех ненависти к мытарям, но и одного из них возвысил в звание апостола.

Когда Иисусъ Христосъ приблизился, Закхей действительно увидел Его и радовался этому. Но, представьте себе, какой радостью забилось его сердце, когда признанный Мессия Своего народа остановился под деревом, взглянул вверх и, называя его по имени, велел ему скорее сойти вниз, потому что намеревался быть у него в доме. Ему, грешнику, презренному сборщику податей, дается возможность не только видеть Иисуса Христа – Света мiра, Мессию, но и принять Его в своем доме, ужинать с Ним и предложить Ему ночлег у себя! С радостью поспешил Закхей слезть с дерева и повел Великого Гостя к себе в дом.

Но народ единодушно и громко возроптал. Народу казалось непристойным и унизительным, чтобы Мессия остановился в доме презренного грешника-мытаря, одно занятие которого было символом национального унижения народа. Но милостивое слово Иисуса для Закхея значило больше, чем ропот и оскорбления толпы. Слово Господне, с которым Иисусъ Христосъ обратился к мытарю, переродило грешника и с силой животворной воскресило в Закхее те добрые качества его души, которые были задавлены в нем жаждой наживы, своекорыстием и окружающим к нему презрением. В восторге от оказанных ему внимания и чести, Закхей, встав из-за стола, торжественно заявил : «Господи! половину имения моего отдам я нищим, и если кого чем-либо обидел, воздам вчетверо».

Это благородное самоотвержение презренного мытаря, который с таким прямодушием низвергал кумир своей жизни, оправдало ему, Христом оказанную, честь и Спаситель благостно воскликнул : «Ныне пришло спасение дому сему, потому что и он сын Авраама», сын отца верующих. Этими словами изобличил Господь тех, кто осуждал Его за то, что вошел Он в дом грешника, изобличил тех, кто и ныне не духовно, а физически воспринимает «сыновство Аврааму».

И мы с вами «сыны Авраама», если храним веру в Бога Истинного, если сохраняем верность Тому, Кто для всего человечества является Светом Разума и Солнцем Правды – верность Господу Иисусу Христу. Слово Божие – слово вечное, Оно и ныне возрождает души грешников и всех, кто приуготовил сердце свое для встречи с Господом. Аминь.

 

Епископъ МИТРОФАНЪ /Зноско-Боровскiй/

 

 

Le Publicain et le Pharisien

 

Souvenons-nous de l'Évangile de dimanche dernier. Il s'agissait également d'un collecteur d'impôts, Zacchée. Nous avons vu comment le Seigneur avait retourné toute son âme. Nous avons vu comment, après toute une vie de péché, il s'était repenti, comment il était prêt à donner la moitié de ses biens aux pauvres et à rendre au quadruple quiconque il avait pu offenser. C'est ce qu'il fit sans aucun doute. Et involontairement, le publicain Zacchée et celui de l'Évangile d'aujourd'hui se confondent en une seule image, en un seul homme. En effet, tous deux étaient des collecteurs d'impôts, tous deux étaient de grands pécheurs, et ils se sont tous deux repentis. Et si nous acceptons le fait que l'Évangile d'aujourd'hui est une continuation de celui de dimanche dernier, que le publicain d'aujourd'hui, qui se frappe la poitrine, est, au moins psychologiquement, Zacchée – alors une grande science s’ouvre devant nous, une grande leçon sur la vie d'un pénitent. Et ce faisant, nous devrions tous faire pénitence. Car toutes les injustices que Zacchée avait commises, il les avait faites par appât du gain, pour devenir un seigneur. Et maintenant, lorsque cela s’était réalisé, et qu'il s'était senti être un puissant, – à ce moment précis s’est manifestée la Justice Divine.

Et cette Justice, cette Vérité, nous montre que si un homme se trouve neuf mois dans leseinde sa mère, il reste dans le sein de la terre pendant quatre-vingts ans au maximum, après quoi commencent la souffrance et la maladie. Enfin, à travers la mort, l'homme passe dans le sein de la vie éternelle, et ce pour toujours. Et maintenant Zacchée voyait tout cela : il comprenait toute sa folie, sa mauvaise façon de vivre... Il commença alors à chercher une issue. Et c'est, alors qu’il se trouvait dans cet état d’esprit, qu'il vit arriver le Christ. Pour lui, c'était un rabbi. Il ne pouvait pas, et tout simplement il ne voulait pas s'approcher de Lui. Il voulait d'abord étudier quel genre de rabbi Il était. Et là, nous voyons un figuier, lui sur le figuier, et puis la foule. Pouvez-vous imaginer ce que cet homme orgueilleux a pu éprouver ? Mais le Christ s’est approché et a dit : « Aujourd'hui, je serai avec toi, je serai chez toi ». Et quand Il fut chez lui, il Lui révéla cette puissance qui a immédiatement empli son cœur. Et c’est là que Zacchée dit : « Je distribuerai tout, et à celui à qui j'ai fait du tort, je rendrai au quadruple ». Et c'est ce qu'il fit.

Et qu'en est-il du publicain d’aujourd’hui ? Il est debout, se frappe la poitrine et dit : « Ô Dieu, aie pitié de moi, qui suis pécheur ».

Et non loin de lui, se tient un homme, venant certainement du même milieu que lui, et qui est un pharisien … Il se tient debout, droit, rayonnant de satisfaction, et il dit : "J'ai tout fait, j'ai fait ceci et cela, je… je… je". Mais pourquoi lepublicainne dit-il pas à ce moment : "Moi aussi j'ai donné la moitié de mes biens. J'ai donné au quadruple". Non, il ne dit pas cela, mais tout au contraire il dit : « Ô Dieu, aie pitié de moi, qui suis pécheur ».

Le fait est que le Seigneur avait gratifié le publicain d’un don particulier : Il avait élargi son cœur, mais au début, ce fut une tragédie : l’habitude, la routine... Parce que son homme intérieur était esclave de la routine, de l’habitude. Et cette accoutumance au péché est une force terrible. Ici réapparurent forcément des pensées d'intérêt, de profit, de soif du gain, d’avidité. Et ce cœur, qui avait été libéré par le Christ, redevenait soudain sale... Et il ressentait tout cela... « Seigneur Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! ». Mais que faire ?

Et la Sainte Église nous montre aujourd'hui toute la force de ce moment psychologique, toute la puissance de cette question : que devons-nous faire ? Et c'est avec une force identique qu'elle nous donne, à travers les pensées des Saints Pères, la réponse à cette question. En effet, nos saints Pères nous montrent avec précision ce qui se passait dans l'âme du publicain : du fait que sa conscience était désormais libre, qu’elle avait été libérée par le Christ, son cœur était vaste et la paix l’habitait. Et sa volonté était également libre : c’était la liberté en Dieu. Ce qui sépare notre cœur de Dieu, c'est le péché. C'est ainsi que des ombres ont commencé à apparaître dans le cœur du publicain et il s'est mis à en appeler au Seigneur pour demander de l'aide. Mais comment ces ombres apparaissent-elles ? Elles arrivent, de la façon dont le révèle le saint Évêque Théophane le Reclus dans l'une de ses lettres :

«La pensée se présente, et à moins qu'elle ne capte les sentiments du cœur, elle n'est pas encore un péché. Elle passe, et comme la neige d'aujourd'hui demain elle va fondre et disparaître, mais le cœur restera pur. Si la pensée s'empare du cœur, y pénètre, – ce n’est pas encore le malheur, car il reste encore un moment où l’on peut s'exclamer : "Seigneur, aie pitié !" et le cœur restera pur. En revanche, lorsque la pensée est déjà entrée dans le cœur et quenotrevolonté a dit "je veux" – c'est là que l'ombre apparaît. Etdès lors que l'ombre a pénétré le cœur, aussitôts’opère la sympathie avec elle et s’ensuit l'action». C'est alors, comme le dit Vladyka Théophane, que "la chute" arrive. Le péché devient action, et la chute s’ensuit. Dès que l’homme tombe spirituellement, le péché entre dans son cœur, l’acte se commet, l’homme s’éloigne de Dieu, et la souffrance se manifeste de la même façon que pour une personne qui chute physiquement. Et nous savons à quel point la souffrance spirituelle est une tragédie. L’homme est rongé par l'orgueil, la cupidité, l'ambition, toutes sortes de convoitises. Il souffre réellement.Son cœur s’endurcit. C'est précisément ce qui s'est passé, comme nous le voyons dans la lecture de l'Évangile, après que Zacchée, le collecteur d'impôts, se soit rendu compte de son péché et se soit repenti. Le Christ a mis fin à son péché. Sa conscience est devenue libre, mais maintenant il lui faut agir. Et quand il commence à agir,des pensées surviennent et elles sont suivies de sentiments... Que faire ? Alors il s'écrie : "Ô Dieu, aie pitié de moi, pécheur, ne permets pas…". Et le Seigneur donne la Grâce qui ne permet pas, et Il sauve le pécheur. Que devons-nous faire pour recevoir cette Grâce ? Nous avons besoin d'une volonté active. Et comment faire pour l'obtenir, la Sainte Église nous l'enseignera dimanche prochain. Amin.

 

Archevêque ANDRÉ /Rymarenko/

 

 

 

Неделя Мытаря и Фарисея

 

Вспомним Евангелие прошлой недели. Там говорилось тоже о мытаре, Закхее. Мы видели, как Господь перевернул всю его душу. Мы видели, как, после всей его греховной жизни, он покаялся, как он был готов пол-именья своего отдать нищим, и всякому, кого обидел, воздать четверицею. Так несомненно он и поступил. И невольно мытарь Закхей и мытарь сегодняшнего Евангелия сливаются в один образ, в одного человека. Ведь оба они были мытарями, были людьми грешными, и оба покаялись. И если мы так примем, что сегодняшнее Евангелие есть продолжение Евангелия прошлого Воскресенья, что сегодняшний мытарь, ударяющий себя в грудь, и есть, хотя бы психологически, Закхей – то нам откроется великая наука, великий урок в жизни кающегося. А ведь кающимися и должны быть мы все. Ведь всю неправду, которую делал Закхей, он делал для наживы, чтобы быть господином. И вот, когда это господство пришло, и когда он себя уже почувствовал властителем, – в этот самый момент пришла и Правда Божия.

А правда Божия говорит нам о том, что если человек в утробе матери находится девять месяцев, то в утробе земли он пребывает от силы восемьдесят лет, а после этого начинаются страдания и болезнь. И наконец, через смерть человек переходит в утробу вечной жизни уже навсегда. И Закхей это теперь все видел: он понял все свое безумие, неправильный путь жизни… И тогда он стал искать выхода. И вот в таком состоянии он увидал идущего Христа. Для него это был равви. Подойти к Нему он так просто не мог и не хотел. Сначала он хотел обследовать, что это за равви. Тут мы видим смоковницу, тут мы видим его на смоковнице и тут толпа. Представляете себе, что мог пережить этот гордый человек? Но Христоcъ подошел и сказал: “Днесь с тобою будем, у тебя буду.” И когда Христосъ был у него, то тут раскрыл ему ту силу, которая сразу преисполнила его сердце. И вот тут Закхей сказал: “Все раздам, и тому, кого обидел, воздам четверицею.” И так все сделал.

А что же с сегодняшним мытарем ? Теперь он стоит и бьет себя в грудь, и говорит: « Боже, милостив буди мне, грешному »!

А тут же рядом с ним стоит другой, может быть его общества человек, фарисей… Стоит и наоборот, в полном удовлетворении, говорит: “Я все сделал, я сделал и то, и то, я…я” А почему же мытарь не сказал: “А я тоже сделал. Я пол-имения раздал. Я тому-то четверицею воздал.” Почему же он не говорит этого? А наоборот говорит: « Боже милостивый, буди милостив ко мне, грешному! »

Дело в том, что Господь его одарил. Сделал широким его сердце. Но как началось делание, то получилась трагедия: навык, навык… Ведь его внутренний человек был порабощен навыком. А навык это страшная сила. Тут невольно являлись мысли о корысти, и жажды еще большей наживы… И то сердце, которое было освобождено Христом, вдруг стало опять грязным… И он чувствовал все это… « Господи Боже, буди милостив ко мне грешному!». Что же делать?

И вот тут св. Церковь приводит нам в сегодняшний день всю силу этого психологического момента, всю силу этого вопроса: что нам делать? И с такой же силой дает нам через мысли Святых Отцов ответ на этот вопрос. Ведь наши Святые Отцы с точностью показывают нам, что происходило в душе мытаря: благодаря тому, что совесть его была теперь свободна, освобождена Христом, его сердце было широко, мир был в сердце. И воля его тоже была свободна: свобода была в Боге. А расстояние между сердцем и Богом – грех. И вот у мытаря и получилось так, что тени начали появляться в сердце, и он стал кричать ко Господу о помощи. А как же получаются эти тени? А получаются они так, как Владыка Феофан Затворник раскрывает в одном из своих писем:

« Мысль, – она приходит, и если только она не захватывает чувства сердца, то это еще не грех. Она прошла, и как сегодняшний снег завтра растает, так и ее не будет, и сердце остается чистым. Если же мысль захватит сердце, попадет в сердце, – и это еще не беда, есть еще момент в который можно воскликнуть: “Господи помилуй!” и сердце будет чисто. Но когда уже попала в сердце мысль, и когда уже воля твоя сказала “хочу,” – вот тогда получается тень. А раз тень только попала, то тут уже сочувствие получилось, и дело ». Тогда значит получается, как Владыка говорит, “падение.” Грех стал действием, и совершилось падение. А как только духовно пал, грех в сердце попал, дело совершил, от Бога ушел, и начинается страдание, так, как у человека, который упал физически. И мы знаем, какую трагедию представляют собой духовные страдания. Человека гложет гордость, сребролюбие, честолюбие, всякая похоть.., и он мучается. Сердце такого человека каменеет. Вот, что произошло, как мы видим по чтению Евангелия, после того, как Закхей-мытарь сознал свой грех и покаялся. Христосъ разрешил его грех. Совесть стала свободной. Но теперь ему надо действовать. А когда он начинает действовать, то тут и получаются мысли, а за мыслями идут чувства… Как же быть? Вот он и кричит: « Боже, милостив буди ко мне грешному, не допусти… » И Господь дает Благодать недопускающую, и спасает грешника. Что же нам нужно делать, чтобы получить эту Благодать? Нужно активное волеизволение. А как его приобрести, об этом будет учить нас св. Церковь в следующее Воскресенье. Аминь

 

Архiепископъ АНДРЕЙ /Рымаренко/

Dimanche du Fils Prodigue

 

«Repentez-vous, le Royaume des cieux est tout proche» ! Il y a trois semaines, la Sainte Église nous adressait donc cet appel. Et aujourd'hui, l'appel est toujours le même. Toute la question est de savoir comment nous l’appréhendons. Comme de simples paroles ? Ou comme le grand appel de l'Église du Christ, notre Mère, qui sait ce qui nous attend et qui, par conséquent, nous dit avec insistance : Repentez-vous ! Depuis trois semaines, l'Église nous persuade que nous devons nous examiner. Si vous vous souvenez bien, il y a trois semaines, la Sainte Église nous a donné le message de l'Évangile sur Zacchée, sur sa condition de riche juif, collecteur d'impôts, qui avait déjà atteint l'âge où tout ce qu'il avait accumulé de manière injuste était devenu vain, parce que du fait de sa vieillesse il ne pouvait jouir de ce qu'il avait amassé de façonpeu honnête. Et l'Église nous a donné l'image de ce publicain, pour que nous puissions vérifier si nous ne sommes pas prisonniers de notre façon de vivre, et si nous nous préparons comme il se doit à ce quiattend toute personne ? Et dimanche dernier, elle nous le fit sentir encore plus fort en nous révélant le moment de la prière du publicain, qui se frappait la poitrine avec un sentiment d’impuissance et disait : «Dieu, sois miséricordieux envers le pécheur que je suis». C'était comme un prolongement de ce qui avait été raconté à propos de Zacchée.

Et en ce jour, l'Église nous révèle encore plus précisément l'état de la société dans laquelle nous vivons. Un Père avait deux fils. Et le fils cadet était tellement insolent envers son père qu'il exigea quelque chose qu'il n'avait pas le droit d'exiger, parce que cela appartenait au Père. Mais il vient Le trouver et Lui dit : «Donne-moi ce qui m'appartient». Mais qu'est-ce qui t'appartient ? Rien ne t'appartient. Mais le Père était un Père. Et Il donne ce que demandeSon fils et ce dernier s'en va, il s'en va loin, très loin, et dilapide tout ce qu'il a avec des prostituées, dans des festins et des fêtes... Et nous lisons ensuite dans l’Évangile : «En ce temps-là, une grande famine survint». Et donc, quand la famine fut arrivée, ce pauvre homme a commencé à mourir de faim. Il est allé voir ceux avec qui il avait vécu toute sa vie de plaisir et d’insouciance. Ils l'accueillirent, mais l'envoyèrent seulement dans leur champ garder un troupeau de porcs. En regardant les cochons, il aurait aimé manger comme eux des caroubes. Mais ils ne voulurent pas lui donner cela non plus. C'est alors qu'il rentra en lui-même et quand il eut repris ses esprits, il se vitlui-même. Il vit ce qu'il était devenu, il vit son Père, il se souvint de sa maison, des conditions dans lesquelles il avait vécu chez son Père, et un chagrin terrible envahit son cœur. Il était prêt à endurer toutes sortes d'ennuis,siseulement il pouvait être près de son Père. Et le voilà parti. La parabole dit qu'il était parti très loin de son Père. Le retour n'a donc pas été facile : sans argent, sans nourriture, mais avec l'espoir que le Père l'accepterait, ne serait-ce qu'en tant que mercenaire. Et que se passa-t-il ? Alors qu’il était encore loin de la maison, le Père était sorti à sa rencontre, lui avait ouvert les bras... Et puis il y a eu cette scène qui émeut encore beaucoup de gens, au point que des larmes coulent involontairement de leurs yeux. Elle révèle ce que le Père peut être pour son fils.

Ainsi, la Sainte Église propose cette brève histoire – de la chute et du relèvement – à notre réflexion. Dans quel but ? Pour dire à notre conscience, à nous, à vous, à chacun de nous, quelle est notre condition par rapport à notre Père ? Ce Père qui nous a donné la vie. Car pour nous aussi, viendra le jour où nous aurons faim. L'héritage de notre Père sera épuisé. Notre conscience commencera à nous tourmenter. C'est pourquoi la Sainte Église nous livre la parabole d'aujourd'hui : regardons le Fils prodigue et vérifions notre conscience. Notre Père est un Père bon. Il pardonnera tout et acceptera tout... Il suffit d’une seule chose : aller vers Lui.Oui, s'approcher de Lui... Mais pour cela, les forces nous manquent. Parce qu'il faudra marcher longtemps, longtemps, parce que nous sommes partis loin, très loin de Lui.. Il nous faudratraverser un désert aride, avec le sentiment constant de la crainte de ne pas être acceptés.....

Avec cette parabole, la Sainte Église nous donne une indication : des journées importantes du printemps chrétien arrivent – le Grand-Carême – jours au cours desquels l’Église nous donnera l'occasion de nous révéler à nous-mêmes, de pendre conscience de notre état de pécheur, et de blanchir notre âme par le Sacrement que le Seigneur nous donnera par l'Arbre de Vie, dans le Corps et le Sang du Christ, qui nous sont administrés pour nous revivifier. En ce dimanche du Filsprodigue, la Sainte Église nous donne à nouveau une leçon de conscience pour nous ranimer, pour nous rapprocher du Père, pour guérir notre cœur, afin que nous puissions arriver au moment où le Seigneur nous appelle et dire à notre dernier souffle : «Je remets mon esprit entre Tes mains». Amen.

 

Archevêque ANDRÉ /Rymarenko/

 

 

 

Неделя о Блудном Сыне

 

“Покайтесь, приблизилось Царствие Небесное!” Так три недели тому назад взывала к нам св. Церковь. Но и в сегодняшний день зов тот же самый. Весь вопрос в том, как мы к нему относимся. Как к словам только? Или же как к великому зову Церкви Христовой, Матери нашей, которая знает, что нас ожидает, и потому взывает к нам: Покайтесь! В продолжении вот трех недель убеждает нас Церковь в том, что мы должны просмотреть себя. Если вспомните три недели тому назад, в воскресенье, давала нам св. Церковь Евангельское благовествование о Закхее, о том состоянии его богатого еврея, мытаря, который достиг уже того возраста, когда все, что он скопил неправильными путями, все это оказалось тщетным, потому что его старость уже отказывалась владеть тем, наслаждаться тем, что было накоплено неправильным путем. И нам Церковь давала образ этого мытаря, для того, чтобы проверили мы, не привязаны ли и мы к тем обстоятельствам жизни, в которых мы живем, и ожидаем ли мы того, чего должно ожидать каждому человеку? А вот в прошлое воскресенье она еще больше и сильнее заставила нас почувствовать, когда раскрыла для нас тот момент молитвы фарисея и мытаря, который безпомощно бил себя в грудь и говорил: “Боже, милостив буди мне грешному!” Это было как бы продление того, что было рассказано о мытаре Закхее.

А в сегодняшний день св. Церковь еще более подробно раскрывает нам то состояние нашего общества, в котором мы сейчас живем. Два сына было у Отца. И младший сын был настолько дерзок по отношению отца, что он потребовал то, чего он не в праве был требовать, потому что это принадлежало Отцу. А он приходит к Отцу и говорит: “Дай мне то, что мне принадлежит”. Что тебе принадлежит? Тебе ничего не принадлежит. Но Отец был Отец. И он дает своему сыну: “Хочешь – вот, возьми.” ион ушел, ушел далеко,далеко, ипрожил все то, что получил, с блудницами, в кутежах… И дальше говорится: “В это время наступил голод”. И вот, когда голод наступил, этот несчастный стал голодать. И он пошел к тем, с кем прожигал жизнь. Они приняли его, но только послали на поле пасти стадо свиней. И он, смотря на свиней, сам хотел питаться так, как свиньи: рожками. Но и этого ему не давали. И вот тут он пришел в себя. И вот, когда он пришел в себя, то тут он увидел себя. Увидел то, что он из себя представляет, увидел и Отца, вспомнил свою Родину, вспомнил те условия жизни, в которых жил при Отце, и в его сердце появилась страшная скорбь. Он готов был пережить всякие неприятности… Только быть возле Отца. И вот он пошел. Сказано в притче, что он далеко ушел от Отца. Значит возвращение было нелегкое: без денег, без пищи,шёлв надежде, что Отец примет его, хоть просто как наемника. Но что же произошло? Еще он был далеко от дома, а Отец уже вышел к нему навстречу, раскрыл объятья… И тут произошла та сцена, которая и ныне многих волнует так, что слезы невольно текут из глаз. Тут открывается то, чем Отец может быть для своего сына.

Вот эту краткую историю, – падения и воскресения жизни, – дает нам св. Церковь. Для чего? Для того, чтобы сказать нашей совести, нам, вам, каждому из нас, в каком мы состоянии находимся по отношении к нашему Отцу? К Тому Отцу, который дал нам жизнь. Ведь и нам придет момент голода. Изживется наше достояние Отцовского наследства. Начнет терзать нас совесть. Вот св. Церковь и дает нам сегодняшнюю притчу: посмотрим на блудного сына и проверим свою совесть. Отец наш – является добрым Отцом. Он все простит, примет… Только нужно подойти к Нему. Вот это: подойти к Нему… Здесь-то у нас не хватает сил. Потому что придется идти. А мы ведь ушли далеко, далеко… Придется идти по суровой пустыне, с постоянным чувством опасения, что не будем приняты…

Св. Церковь дает нам этой притчей указание: наступают великие дни христианской весны, Пост Великий, дни, в которые Церковь даст возможность раскрыть себя, познать свое состояние греховное, и убелить нас при помощи того Таинства, которое даст нам Господь в Древе Жизни, в Теле и Крови Христовой, которые преподаются нам для того, чтобы нас оживить. В это воскресенье Блудного сына св. Церковь еще раз дает нам урок совести для того, чтобы воскресить нас, чтобы приблизить к Отцу, чтобы исцелить наше сердце, для того, чтобы мы могли бы придти в тот момент, когда позовет нас Господь, и сказать в последнюю минуту: “В руки Твои предаю дух мой”. Аминь.

 

Архiепископъ АНДРЕЙ /Рымаренко/