Pentecôte et Descente du Saint-Esprit

 

Nous célébrons en ce jour la Sainte Pentecôte et la Descente de l'Esprit Saint.

Lors de la Sainte Cène, notre Seigneur Jésus-Christ dit à Ses disciples qu'Il allait les quitter et, voyant leur tristesse, leur dit : « Il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous, mais si je m'en vais, je vous l'enverrai » /Jn XVI, 7/

Pour notre salut, il était non seulement indispensable que notre faute pour nos péchés soit levée, mais que nous soyons encore guéris de cette corruption qui depuis des millénaires se transmet de génération en génération.

Imaginez un petit garçon auquel les parents auraient offert un nouveau costume avec la recommandation d'en prendre soin. Mais l'enfant salit et déchira son costume. Il fut honteux et courut demander pardon à ses parents, qui le pardonnèrent, effacèrent sa faute. Mais encore fallait-il nettoyer et réparer le costume. Et il en est de même dans l'affaire de notre salut. Le Seigneur nous a libéré du fardeau de nos péchés, et nous savons à quel prix. Lorsque nous regardons la Passion qu'Il a endurée, nous Le voyons ployer sous le fardeau de la Croix. Et n'oubliez jamais que si cette Croix L'a écrasé de son poids, c'est que sur elle étaient accrochés tous nos péchés les plus terribles et toutes nos iniquités : les miens, les vôtres, ceux de toute l'humanité. Et c'est de tous ces péchés cloués sur la Croix que le Seigneur nous a libérés. Par la Passion sur la Croix, nous avons été affranchis du fardeau terrible de nos péchés.

Mais ce n'est pas encore tout. Le péché a dénaturé, défiguré et perverti l'homme. Pour le laver et le sanctifier, le Saint Esprit « sous forme de langues de feu » descendit sur Ses saints disciples et apôtres et « leur parole s'en est allée par toute la terre, et leur message jusqu'aux extrémités du monde » /Ps. XVIII, 5/. Et c'est cet événement glorieux – la descente du Consolateur, de l'Esprit donateur de vie, sur les hommes – que nous célébrons aujourd'hui.

A la fin de l'hexapsalme, il y a une admirable expression dans le psaume 142 (verset 6) : « Mon âme est devant toi, comme une terre sans eau ». Imaginez une terre dans laquelle de belles graines fertiles ont été plantées. Mais cette terre s'est totalement desséchée et aussi bonnes que soient ces graines, elles ne donneront pas de fruit tant que durera cette terrible sécheresse. Et par la bouche du roi David, l'homme confesse au Dieu Très-Bon : « Mon âme est devant toi, comme une terre sans eau ».

Certes, il y a encore dans l'âme de bons principes – les restes de la connaissance de la Vérité – car le Créateur a généreusement doté l'homme de toutes sortes de bien, et des restes de ce bien sont encore aujourd'hui présents dans l'âme humaine, mais ce sont des semences non fécondes, car notre âme est comme une terre sans eau. Il y a bien en elle une soif de piété, mais il manque l'eau de la grâce et les bonnes semences restent infertiles.

Voila pourquoi en ce jour, avec les prières admirables de saint Basile le Grand, nous prions en ployant le genou, nous prions que le Seigneur nous sanctifie, nous renforce spirituellement et nous purifie de nos péchés. Sans la grâce de Son Esprit, sans Sa force, nous resterons une terre desséchée, incapable de porter des fruits.

Souviens-toi – ô âme chrétienne : que de fois tu as promis au Seigneur de te corriger ! Mais ce sont toujours les mêmes péchés, les mêmes passions, la même souillure ! Voila pourquoi nous devons prier assidûment le Seigneur, notamment en ce jour lumineux de la Pentecôte, afin que le Seigneur nous purifie par la grâce de Son Saint-Esprit et redonne vie à la terre desséchée de notre âme.

Durant la lecture de ces prières, prions de toute notre âme que le Seigneur nous soit miséricordieux et nous envoie la force d'amender notre vie et la volonté ferme de suivre la voie salutaire chrétienne. Amen.

Saint Métropolite PHILARÈTE

Dimanche du Premier Concile Oecuménique

 

Nous savons que durant les premiers siècles, l’Église chrétienne a enduré de lourdes persécutions. D'abord de la part des Juifs, puis du pouvoir impérial païen de Rome. Mais en dépit du fait que ces persécutions aient été sanglantes, elles n'étaient pas dangereuses pour l’Église. Les chrétiens des premiers siècles se souvenaient parfaitement que le Christ leur avait dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps » /Mt X, 28/. Craignez plutôt ce qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne, a-t-Il dit, et dans l'Apocalypse : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » /II, 10/.

Lorsque l'époque des persécutions prit fin, il en vint une autre, bien plus dangereuse pour l'Eglise. De son sein même apparurent des hérésies, des altérations, des dénaturations de la Vérité. Les premières n'étaient pas très perceptibles, puis surgit l'hérésie d'Arius qui bouleversa toute l'Eglise.

Arius était un prêtre savant et éloquent de la ville d'Alexandrie. Lorsque l'évêque local mourut, il fallut lui choisir un successeur parmi les prêtres, car à l'époque les fidèles choisissaient leurs pasteurs. Arius était convaincu d'être élu, mais le choix de la majorité des prêtres et des fidèles se porta sur un autre candidat, Alexandre, certes également savant, bien que moins talentueux qu'Arius, mais surtout connu pour sa sainte vie.

Et là, l'amour-propre blessé d'Arius se fit sentir. Malheureusement il en est toujours ainsi dans l'histoire des hérésies, à la base il y a toujours une blessure personnelle que l'on revêt par la suite d'une toge de défenseur zélé de la Vérité.

Et lorsqu'un jour, l'évêque Alexandre parlait de la Très-Sainte Trinité avec son clergé, de l'égalité entre Ses trois Hypostases, et disait que la Sainte Trinité est Une en sa Trinité, car il n'y a qu'une Seule et même Essence Divine dans les trois Personnes, Arius se mit avec insolence à lui faire des objections, disant que le Fils de Dieu n'était pas égal à Dieu le Père ainsi que l'affirmait l'évêque Alexandre, qu'Il n'était pas né de Lui, mais créé par Lui et était donc une créature, certes supérieure, parfaite, mais néanmoins une créature.

L'évêque Alexandre tenta de raisonner Arius, mais celui-ci s'entêtait et comme il était très éloquent cette hérésie prit de l'ampleur et commença à troubler l'Eglise entière. Alexandre, en sa qualité d'évêque, excommunia Arius qui continua néanmoins à diffuser sa doctrine à tel point que l'empereur Constantin en fut troublé et inquiet de voir l'agitation gagner l'Eglise. Alors il confia à l'évêque Osios de Cordoue, connu pour sa piété et sa sagesse, le soin d'analyser cette hérésie.

Le vieil évêque Osios étudia objectivement la question et rapporta à l'empereur qu'Arius propageait une hérésie terrible qui anéantissait tout l'enseignement chrétien. Car si le Fils de Dieu n'était pas égal au Père et n'était pas né de Lui, Il n'était alors pas Dieu, mais une créature et dans Son incarnation Il n'était pas en vérité Dieu-Homme et de ce fait la question de notre salut n'était nullement réalisée, contrairement à ce qu'enseignait la foi chrétienne.

Finalement dans la ville de Nicée se réunit un Concile Oecuménique dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire. Arius réussit à persuader plusieurs évêques à sa cause, toutefois l'écrasante majorité d'entre eux, et ils étaient 318 au Concile, confessa fermement la foi orthodoxe, condamna l'hérésie d'Arius, l'excommunia définitivement de l'Eglise comme hérétique obstiné et impénitent.

Terrible fut la mort de cet hérétique. Mais son hérésie, elle, continua longtemps à troubler l'Eglise. Les trois saints hiérarques Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome, qui vivaient bien après Arius, durent lutter contre l'arianisme. Mais la Vérité finit par triompher même si un temps il n'y avait plus en Orient que saint Athanase le Grand et en Occident saint Hilaire de Poitiers comme authentiques évêques orthodoxes. Toutes les chaires épiscopales, une centaine de chaires (!), avaient été conquises par l'hérésie arienne.

Voilà comment, après les persécutions sanglantes des premiers siècles, l'Eglise dut lutter pour son existence contre ces hérésies. Et bien d'autres hérétiques vinrent troubler l'Eglise après Arius, mais tous furent condamnés par les Conciles Oecuméniques dont aujourd'hui nous célébrons le Premier qui condamna précisément Arius et l'hérésie arienne.

Saint Métropolite PHILARÈTE

Sixième Semaine après Pâque – Dimanche de l'aveugle-né

 

Jean IX, 1-38

 

Nous avons entendu aujourd'hui l'évangile selon saint Jean le Théologien, où notre Seigneur Jésus-Christ guérit un aveugle de naissance. Lorsque ce récit s'est achevé, le Seigneur a ajouté : « Je suis venu dans ce monde pour un jugement : pour que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles »/Jn IX, 39/. A cela, ses ennemis jurés les scribes et les pharisiens lui répondirent ironiquement : « Sommes-nous aveugles, nous aussi ? ». Et ils reçurent leur réponse. Le Seigneur leur dit : « Si vous étiez aveugles, vous n'auriez point de péché », car lorsque l'homme ne sait pas, ne comprend pas, il ne peut pas transgresser consciemment et il ne commet donc pas de grands péchés. Et si même il en commet, le Seigneur ne lui en tient pas rigueur, puisqu'il ne sait pas qu'il pèche. Et le Seigneur leur dit : « Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché, mais puisque vous affirmez que vous voyez, votre péché reste sur vous » /Jn IX, 40-41/.

N'oubliez jamais cela : il s'agit là d'un jugement très sévère, car il est prononcé par Celui qui Seul peut absoudre ou condamner, et Il a dit aux scribes et aux pharisiens que leur péché restait sur eux. En revanche, notre Seigneur Jésus-Christ a accordé non seulement la vision physique, mais également spirituelle à l'aveugle de naissance. Ce faisant, nous voyons dans l’évangile combien les ennemis du Christ, par leur obstination, s'aveuglent de plus en plus en se confortant dans leur égarement.

Lorsque le Seigneur avait guéri l'aveugle, les gens lui demandèrent comment ses yeux s'étaient ouverts. Il répondit qu'il ne le savait pas. Il était aveugle, le Seigneur lui avait mis de la boue sur les yeux, puis il était allé se laver à la piscine de Siloé et avait recouvré la vue. On lui demanda : mais Qui est-Il ? Il répondit : je ne le sais. On le mena auprès des pharisiens qui se mirent également à le questionner. Une dispute s'en suivit : les uns disaient que cet Homme ne pouvait venir de Dieu, car Il n'observait pas le sabbat, c'est-à-dire la Loi. D'autres répliquaient : comment un pécheur pourrait-il faire de tels miracles ? A l'écoute de ces propos, la vérité s'imposait de plus en plus clairement à l'ancien aveugle, qui finit par leur dire : « Je vous l'ai déjà dit et vous n'avez pas écouté … est-ce que vous aussi vous voulez devenir Ses disciples ? » /Jn IX, 27/. Ils lui répliquèrent alors avec colère et méchanceté : « C'est toi qui es Son disciple, nous, nous sommes disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse, mais Lui, nous ne savons pas d'où Il est » /Jn IX, 28-29/.

Il n'y a pas si longtemps durant le Grand-Carême, dans la prière de saint Ephrem, nous demandions à Dieu avec instance : « Donne-moi de voir mes péchés ». Si nous demandons de voir nos péchés, c'est donc que nous ne les voyons pas comme il convient. C'est précisément du fait que ''nos yeux spirituels'' sont aveuglés. Les saints pères disent toujours que l'homme ne voit pas réellement ses propres péchés.

Nous avons déjà cité cet exemple tiré de la vie d'un ascète qui demandait à Dieu de lui montrer combien la nature humaine était détériorée par le péché. Lorsque sa prière fut exaucée, il faillit en perdre la raison et avec frayeur demanda au Seigneur d'écarter de lui cette vision. C'est dire à quel point la nature humaine est corrompue par le péché. C'est pour nous guérir de cette corruption que le Seigneur Jésus-Christ est venu, car aucune autre puissance au monde ne pouvait nous en délivrer. C'est précisément ce que de nos jours les différents réformateurs de vie, qui proposent chacun leurs solutions, ne peuvent comprendre. Ils oublient tous, ou plutôt ignorent, que l'homme est avant tout un être pécheur. C'est pourquoi le bienheureux Augustin disait que toute la différence entre les hommes est que les uns sont plus mauvais, et que d'autres le sont moins. Quant à nous, nous devons toujours garder en mémoire à quel point nous sommes pécheurs et corrompus par le péché et prier le Seigneur d'ouvrir les yeux de notre cœur, comme Il a ouvert les yeux charnels et spirituels de cet aveugle de naissance dont l’évangile d'aujourd'hui nous a parlé. Amen.

Saint Métropolite Philarète

La vénération de la Croix

 

Chaque année, le troisième dimanche du Grand-Carême nous lisons l'évangile selon saint Marc dans lequel notre Seigneur nous dit que celui qui veut Le suivre, doit renoncer à lui-même, prendre sa croix et marcher à sa suite.

Nous savons que tous les nombreux sages de ce monde, qui proposent chacun leur recette du bonheur pour les hommes, présentent un avenir radieux promettant toute sorte de biens, alors qu'en réalité ce qu'ils proposent s'apparente plus à l'antichambre de l'enfer.

Mais notre Seigneur Jésus-Christ berçait-Il Ses disciples avec de telles promesses roses ? Nullement. Nous savons qu'Il leur disait : « Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé ».

Certainement qu'à l'époque, avant la crucifixion du Christ, on n'avait pas une idée aussi claire qu'aujourd'hui de ce qu'était la croix et de ce qui signifiait porter sa croix, mais il était clair pour tous qu'il s'agissait d'un instrument d'une mort terrible et honteuse et qu'il s'agissait donc d'accepter une vie de souffrance.

De qui dit-on dans le monde d'aujourd'hui que c'est un homme prospère et heureux ? Habituellement d'un homme riche, possédant de grands moyens car ainsi tout lui est accessible. C'est ainsi qu'en effet pense le monde, mais notre Seigneur Jésus-Christ enseignait : « Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perdait son âme? ». Souvenez-vous de la parabole de l'homme qui avait engrangé une riche récolte et qui disait à son âme : « Tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi ». Et là Dieu lui dit : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ? ». De même dans l'évangile de ce jour, le Seigneur dit : « Et que sert-il à un homme de gagner tout le monde, s'il perd son âme ? ». Pour Celui qui a créé l'âme humaine, celle-ci est plus précieuse que tous les biens de ce monde. Pour le salut de nos âmes pécheresses, le Seigneur S'est laissé crucifier sur la Croix, par laquelle nous sommes sauvés et devant laquelle nous nous prosternons aujourd'hui.

Suivre le Christ signifie renoncer à soi-même, renoncer à tous ses caprices et lubies pécheresses, condamner son mode de vie agité et accomplir les commandements du Christ. Mais la vie actuelle est ainsi faite qu'aucun commandement du Seigneur n'a d'importance, et vouloir les accomplir devient réellement une croix très lourde à porter, car à chaque moment le monde se mettra en travers du chemin de celui qui veut suivre le Christ et tentera de le séduire par ses attraits pécheurs et toutes sortes de tentations.

Mais souviens-toi, chrétien, la vie terrestre ne t'est donnée qu'une seule fois. Elle ne sera pas répétée. Après, viendra l'éternité qui, elle, n'aura pas de fin. Et cette éternité correspondra en tout point à la manière dont tu auras vécu cette vie terrestre, ce bref tronçon de ton existence sur terre. Réfléchis bien à cela, et tout spécialement en ce jour où le Seigneur nous appelle à être des stavrophore-porteurs de croix, où chacun de nous doit prendre sa croix et la porter en marchant à Sa suite.

C'est là le devoir de chaque chrétien, de toute âme chrétienne. Ce n'est pas par hasard que l'on a mis sur nous une croix le jour de notre baptême. Ce n'est pas par hasard que lorsqu'un chrétien est inhumé, et afin qu'il repose jusqu'à la résurrection future, au-dessus de son corps est également plantée la Vivifiante Croix du Seigneur. Cela signifie qu'il était, ou du moins devait être, un stavrophore-porteur de croix.

Gardons cela toujours en mémoire et lorsque nous allons nous prosterner devant la Croix Vivifiante, prions le Seigneur qu'Il nous donne la force, la patience et la persévérance de porter jusqu'au bout la Croix de notre vie. Amen.

Saint Métropolite PHILARÈTE

Saint Grégoire Palamas

 

Le deuxième dimanche du Grand-Carême, en plus de la célébration dominicale, l'Eglise orthodoxe se souvient d'un des grands hiérarques et confesseur de la pure Orthodoxie, saint Grégoire Palamas qui était archevêque de la ville de Thessalonique.

Saint Grégoire appartenait au nombre de ces grands propagateurs de la vérité chrétienne pour lesquels la vie et les actes ne divergeaient pas : il enseignait tant par sa parole que par sa propre vie. Il eut à lutter contre des hérétiques qui par toutes sortes de façons altéraient la vérité de l'Orthodoxie.

Il y avait une question purement théologique au sujet de laquelle il dut mener un long combat contre ceux qui trahissaient la vérité. Lorsque notre Seigneur Jésus-Christ s'était transfiguré sur le mont Thabor et avait resplendi « comme le soleil », ces derniers assuraient que cette lumière miraculeuse était une lumière ordinaire, semblable à celle que nous voyons constamment émanant du soleil et d'autres sources de lumière, et que c'était donc une lumière habituelle.

A cela Grégoire Palamas répliquait et enseignait qu'il s'agissait d'une lumière d'un tout autre ordre et il mentionnait les paroles de l'apôtre « Dieu est lumière, et il n'y a point en Lui de ténèbres ». Notre Symbole de la Foi, comme vous le savez, parlant du Fils de Dieu, de notre Seigneur Jésus-Christ et de Son Incarnation sur terre, dit qu'Il est « Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ». Alors que, parlant de la lumière habituelle, la Bible nous dit qu'elle n'est pas inhérente à Dieu, mais créée par Lui : « Et Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut ». Et en fin de compte, la position purement orthodoxe de Grégoire triompha et ses ennemis furent confondus.

On entend souvent dire aujourd'hui qu'il s'agissait là d'une question théologique abstraite. Pour nos contemporains, les vérités d'ordre spirituel se rapportant à ce qui est éternel et invisible, intéressent malheureusement peu de monde.

Aujourd'hui, lorsque nous observons la vie autour de nous, nous ne pouvons que constater combien nos contemporains ont des vues erronées sur la vérité chrétienne, même parmi ceux qui sincèrement se disent être de fidèles chrétiens orthodoxes. Ils n'ont en réalité de l'Orthodoxie que de très vagues idées, parfois même ils n'en ont aucune, mais malheureusement ils n'hésitent pas à disserter sur la vie religieuse, la théologie, comment doit vivre l'Eglise, comment il convient de la diriger. Et plus ils sont ignorants dans ce domaine, plus ils manifestent d'assurance et d'aplomb … Le saint apôtre Paul disait déjà que les gens veulent enseigner, alors que bien souvent ils ne savent ni ne comprennent ce dont ils parlent.

En revanche, lorsque résonne la voix de la Vérité, ils ne veulent pas l'entendre.

Du vivant de saint Grégoire Palamas, les temps étaient différents : tout ce qui se rapportait à la vérité de l'Orthodoxie provoquait un vif intérêt chez les gens, cela était proche de leur âme et de leur coeur et ce n'étaient pas pour eux des questions abstraites. Le chrétien, lorsqu'il est confronté à un enseignement quelconque, doit toujours le vérifier à l'aune de la Vérité chrétienne. Tout ce qui nous amène au Christ est véridique et béni, et tout ce qui nous éloigne du Christ et de l'Orthodoxie n'est que mensonge funeste, de quelques atours séduisants ne soit revêtu ce mensonge. Souvenez-vous toujours que tout ce qui nous éloigne du Christ notre Sauveur, de Son enseignement et de l'Orthodoxie véritable n'est que confusion pernicieuse menant à la mort. C'est pourquoi, âme chrétienne, dis-toi fermement et une fois pour toutes : « Je n'accepte aucun enseignement autre que celui du Christ et je ne connais et je ne veux connaître aucun autre Maître si ce n'est le Christ-Sauveur. » Amen.

Saint Métropolite PHILARÈTE