27e DIMANCHE après PENTECÔTE

Matines : Luc XXIV, 12-35

Liturgie : Col. I,, 12-18 ; Luc XVIII, 18-27

AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT !

Bien-aimés Frères et Sœurs,

Votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Mais quand Christ qui est votre Vie paraîtra, alors vous paraîtrez aussi dans Sa gloire.

I – L’Evangile de Matines commence lorsque saint Pierre solitaire, après le récit des saintes femmes, va au Tombeau, voit les linges jetés à terre, ne voit pas le Christ et repart méditatif.

Pour l’essentiel, l’évangile, aussitôt après, est le récit de la rencontre des Pèlerins d’Emmaüs. Ceux-ci, très peu après la crucifixion, échangeaient leurs réflexions quand le Christ – qu’ils ne reconnaissent pas –, les rejoint et les interroge sur le sujet de leur tristesse. Ces disciples s’étonnent de l’ignorance de cet «étranger» mais racontent ce qui est arrivé à Jésus en Qui ils espéraient avec ferveur … Il est vrai, ajoutent-ils, que certaines femmes qui étaient des nôtres sont allées au Sépulcre, qu’elles y ont vu des anges qui leur ont dit qu’Il est vivant …

Les voyageurs d’Emmaüs racontent, ils sont hésitants …

« Gens sans intelligence ! » leur dit Jésus – qu’ils n’ont toujours pas reconnu – et le Seigneur, commençant par Moïse et les Prophètes leur explique tout ce qui a été annoncé à Son propos. Les pèlerins écoutent avec attention … Mais comme le soir tombait et qu’ils étaient arrivés à l’auberge, et que Jésus faisait mine de continuer son chemin, ces deux fidèles Lui disent : « La nuit arrive, entre avec nous ! » Jésus entre avec eux, on leur apporte le pain, Jésus le bénit et le leur donne ….

Ils Le reconnurent à la fraction du pain …

II – Rendons grâce à Dieu Qui nous a faits capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière et Qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et Qui nous a faits passer dans le royaume de Son Fils bien-aimé !

Car c’est par Lui qu’ont été créées toutes les créatures qui sont sur la terre et dans les cieux ; Il est avant toute chose et toutes choses ont été créées en Lui et par Lui. Il est avant toute chose et tout a été fait par Lui et pour Lui. Et c’est Lui Qui est le chef du corps de l’Eglise, Qui est le commencement et le premier né d’entre les morts afin qu’Il tienne le premier rang en tout.

C’est en somme la plénitude de ce qu’est le Christ, centre de tout et source de tout !

III – L’Evangile de ce jour raconte la rencontre du Christ et d'un « bon Juif » ; d’un homme de bonne volonté, image de tous les hommes de bonne volonté. Or cet homme sincère demande au Christ ce qu’il faut faire pour être sauvé. Que dit la Loi ? rétorque le Christ ? Cet homme de bonne volonté énumère tous les commandements. – « Fais cela et tu vivras !» répond le Sauveur. Le bon jeune homme répond qu’il a observé tout cela depuis sa jeunesse …

Il te manque encore quelque chose, vends tes biens et donne le produit aux pauvres et, ensuite suis-moi !

Le jeune homme partit triste car il avait de grands biens …

Et le Seigneur commente : « Il est plus difficile à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux qu’à une corde de passer par le trou d’une aiguille »

Amin

 

 



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25-e DIMANCHE après PENTECÔTE

 

Liturgie : Eph. V, 9-19 ; Luc XII, 16-21

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !

Bien-aimés Frères et Sœurs,

 

IMarchez dans la Lumière, les bonnes œuvres. N’ayez pas part aux œuvres de ténèbres. Condamnez-les plutôt. Judicieusement … Rachetant le temps, car les jours sont mauvais.

Conduisez-vous donc en enfants de Lumière : Fuyez les vices, Recherchez la Bonté, la Justice, la Vérité, ce qui est agréable à Dieu. Ne vous enivrez pas, ne faites pas de festins … Le péché d’Adam, rappelons-le, était aussi Gourmandise ? Pratiquons LE JEÛNE ! Prière et cantiques …

Rachetons le Temps, car les jours sont mauvais !

IIParabole du riche qui avait  une récolte exceptionnelle. Il pensait faire abattre ses greniers, en faire de plus grands, et dire à son âme (vie) : « Réjouis-toi mon âme, mange, bois, fais la fête … »

« Sot! lui dit Dieu : ton âme (vie) te sera redemandée cette nuit même ! ». Enrichissez-vous en Dieu !  L’âme est plus importante que la nourriture, les biens terrestre.

Le hiérodiacre Vissarion raconte cette anecdote sur Alexandre le Grand. Alexandre avait conquis, après bien d’autres royaumes, la Perse. Il fit venir les plus grands sages de ce pays et il leur dit : « Demandez-moi ce que vous voudrez : je vous le donnerai ! » - «Împårate (en vieux roumain : roi), donne-nous de vivre sans mourir ! » Alexandre s’emporta : « On m’avait dit que vous étiez des sages : je vois que vous êtes idiots ! Tous les hommes meurent ! » - « Mourras-tu aussi, împårate ? » - « Ça, c’est absolument certain ! … » - « Alors, quand tu mourras, tous ces royaumes que tu as conquis, toutes ces richesses … , que t’en restera-t-il ? » Alexandre fut troublé et y pensa longuement.

Ce sont les païens qui recherchent les biens terrestres. Vous, recherchez plutôt le Royaume de Dieu.

« Ne soyez pas en souci, continue le Christ, de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie est plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement. Considérez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont point de cellier. Dieu les nourrit : combien ne valez-vous plus que des oiseaux ! … Considérez les lis : ils ne travaillent ni ne filent. Cependant, je vous dis que Salomon même dans toute sa gloire n’a point été vêtu  comme l’un d’eux. … Si Dieu revêt ainsi une herbe des champs qui demain sera jetée au feu, combien plus vous revêtira-t-Il  gens de petite foi ! Ne vous mettez point en peine de toutes ces choses, Dieu sait de quoi vous avez besoin  … »

Ne pensons pas aux choses terrestres : Dieu sait ce dont nous avons besoin, faisons-Lui confiance !

Amin

 

 

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24-e DIMANCHE après PENTECÔTE

 Matines : Marc XVI, 1-8

Liturgie : Eph. IV, 1-6 ; Luc X, 25-37

Hébr. VII, 26–VIII, 2 ; Jn X, 9-16

 

AU NOM DU PERE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !

Bien aimés Frères et Soeurs,

I – A un docteur de la Loi qui interrogeait Jésus pour L’éprouver et Lui demandait  ce qu’il faut faire pour être sauvé,  le Seigneur répondit : « Que dit la Loi ? » Le Docteur répond correctement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… et ton prochain comme toi-même »

Mais le Docteur s’obstine : « Qui est mon prochain »?  

Le prochain ?. Linguistiquement, c’est celui qui est « le plus près », ce qui, ethniquement, était entendu par les Juifs en termes de parenté. Le paradoxe – toujours valable pour nous ! –, c’est qu’il ne s’agit pas, dans la parabole du Christ, de parenté ou de familiarité, mais d’un inconnu … qui, simplement, se trouve là …

Le second paradoxe – ethnique celui-là – est que le comportement exemplaire présenté par le Christ est celui d’un Samaritain, c’est-à-dire d’un groupe hébraïque avec lequel les Juifs évitaient toute relation.

Ce n’est pas moins provocateur – comme nous dirions aujourd’hui – que le contre exemple de cette anecdote, soit celui de deux ecclésiastiques juifs ...

L’important est de faire comprendre que le prochain est tout homme qui se trouve en proximité physique avec nous et qui, manifestement, a besoin d’aide.

C’est alors l’exemple du « bon Samaritain ». Un homme avait été agressé par deux bandits qui le dépouillent de ses biens et le laissèrent à demi-mort.. Deux ecclésiastiques le virent et se détournèrent …

Passe un Samaritain, qui s’arrête, soigne le blessé, le charge sur sa monture, le conduit à l’hostellerie, paie pour la dépense occasionnée, s’engage à payer à son retour les autres dépenses inhérentes pour ce blessé …

Qui, interroge le Christ a été le « prochain » de ce blessé ?

Or cet homme de cœur était un Samaritain – Juif dissident avec lequel les orthodoxes n’avaient aucune relation …

La « morale » est évidente !

Mais l’épître correspondante est le passage des Ephésiens, typiquement doctrinal et théologique : « … conservez l’unité de l’Esprit ». Il y a, poursuit l’apôtre, un seul Corps et un seul Esprit, comme vous êtes appelés à une seule espérance … Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptêmeTel est le fondement de l’amour, pour le « prochain » en particulier.

L’acte de charité procède de l’amour d Dieu

II – Certes, notre vie terrestre n’est qu’un prélude et nous ne sommes pas encore dans le monde vrai.

Aussi bien, l’évangile de Matines a-t-il pour nous quant à nos possibilités et à notre vocation supérieure et définitive, une résonance manifestement résolutive. Le Christ, après être apparu à Marie-Madeleine, dont le témoignage n’a pas été cru, aux pèlerins d’Emmaüs, dont le témoignage n’a pas été cru non plus, le Christ apparaît finalement à tous les apôtres. Il leur reproche leur dureté de cœur et il leur donne la mission fondamentale : « Allez … prêchez l’évangile à toutes les nations. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui ne croira pas sera condamné ». Il leur annonce les miracles qui les accompagneront, parmi lesquels la guérison des malades.

Ces guérisons seront un effet de la Grâce de leur charité – car leurs cœurs ne seront plus « endurcis » !

Que cette charité, avec celle du bon Samaritain, soit dans nos cœurs !

IIIC’est aujourd’hui le jour de Mémoire du saint Métropolite Philarète de New-York. L’évangile est lumineux : « Je suis la Porte : si quelqu’un entre par Moi, il sera sauvé. Il entrera et sortira et trouvera sa pâture … »

Puissions-nous jusqu’à le fin suivre le bon Pasteur et être sauvés !

AMIN

 

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23e DIMANCHE après PENTECÔTE

Liturgie : Eph. II, 14-22 ; Luc VIII, 41-56

 

AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !

Bien-aimés Frères et Sœurs,

ILa péricope de ce jour, est l’inoubliable épisode de la résurrection de la fille de Jaÿre, au milieu duquel s’intercale la guérison de l’hémorroïsse, deux manifestations spectaculaires de la Toute Puissance du Christ qui a dit : « Tout pouvoir M’a été donné au Ciel et sur la Terre ».

A – Jaÿre était un « chef de la synagogue », venu se jeter à Ses pieds en Le priant de guérir sa fille, âgée de douze ans, qui se mourait. Jésus y va, mais, pendant qu’Il marchait entouré d’une foule nombreuse, une humble femme, hémorroïsse depuis douze ans, s’approche et touche par derrière le vêtement de Jésus et elle est guérie aussitôt. Jésus demande « qui m’a touché ?» alors qu’Il était entouré par la foule, mais Il a senti qu’« une force est sortie de Lui ». La femme se voyant découverte tombe à Ses pieds et raconte son humble histoire et Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée ».

Sur ces entrefaites, arrivent les serviteurs de Jaÿre disant de ne pas déranger le Maître car sa fille venait de mourir. Jésus dit à Jaÿre : « Crois seulement ! Ta fille sera guérie »

Ils arrivent dans la maison du chef de la synagogue, tout le monde est en pleurs. Jésus dit : « Ne pleurez pas : elle dort ! » On se moque de Lui, Il entre avec les parents dans la chambre de la jeune défunte, Il la prend par la main : « Jeune fille, lève-toi ! ». Et elle se lève.

B – Faisons mémoire de deux autres résurrections que rapportent les évangiles :  le fils de la veuve de Naïm, pendant qu’on l’enterrait – on enterrait le troisième jour – et son ami Lazare, le 4-e jour, alors, dit Marthe, qu’il puait déjà : la corruption de la chair étant déjà commencée. Mais Christ notre Dieu est le Maître de la vie et de la mort.

A Ses apôtres,  lorsqu’Il les envoie prêcher deux par deux, Il leur dit également : « guérissez les malades, ressuscitez les morts » (Matt. X, 8).

La mort, ne l’oublions pas, est un châtiment d’Adam après sa faute.

Christ vainqueur de la mort est vraiment le nouvel Adam.

II – Mais nous, les hommes, nous ne sommes pas le Nouvel Adam. Ce que le Christ nous recommande, c’est la FOI. Nous le voyons dans l’épisode de Jaÿre : « Crois seulement ! ».

Il faut venir à Lui, car l’homme est libre, nous l’avons souvent rappelé.

Ce n’est pas toujours facile : Jaÿr était un personnage important, un chef nous dit le texte évangélique, dans la synagogue et chacun connaît l’opposition virulente à l’égard de Jésus de la synagogue et des pharisiens.

C’est une démarche volontaire aussi que celle de l’hémorroïsse, ruinée par les médecins et qui va à Jésus avec une foi totale. Elle s’approche par derrière et elle est guérie alors que Jésus ne la voit pas !

Quant au Fils de la veuve de Naïm,  il n’avait rien demandé puisqu’il était déjà mort !

« Demandez et vous recevrez ». Mais le Tout Puissant aussi reste libre et Sa bonté est infinie et ne connaît pas de limites. Il a vu passer l’enterrement du fils unique de la veuve de Naïm et Il « s’est ému en son cœur »

III – Le franchissement de toutes les limites, tel est l’enseignement que nous apporte l’épître de ce jour.

« De deux peuples, par sa Croix, il en a fait un seul ».

Il y avait en effet d’abord les circoncis et les incirconcis. Il y avait aussi, puisque la Palestine était envahie, les Juifs et les « gentils », c’est-à-dire ceux qui appartenaient à d’autres nations, ceux qui étaient proches depuis toujours et ceux qui l’étaient devenus récemment. Le Christ Lui-même, de Son vivant, était allé au-delà : nous L’avons vu guérir le serviteur du centurion et constater : « Je n’ai jamais vu une telle foi en Israël ! »

Néanmoins, Sa révélation du franchissement des limites du peuple juif a été progressive.

Avant la Résurrection : (Matt. X, 5), Il a dit encore « N’allez pas chez les gentils … N’allez pas chez les Samaritains ».

Mais Lui-même néanmoins … Rappelons-nous cette Samaritaine ... qu’Il feignait de ne pas considérer si bien que les apôtres eux-mêmes Le pressaient de lui donner satisfaction. Il n’est pas bon, dit-Il, de donner aux chiens le pain des enfants. Oui, mais répond l’humble samaritaine, les chiens aussi mangent sous la table le pain qui tombe de la table des enfants ! Et elle obtient ce qu’elle demandait.

Après la Résurrection, l’élargissement est net et impératif : « Enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».

La charité du Christ notre Dieu n’a point de limites : Il est vraiment le Vainqueur de la Mort pour toutes les nations !

 AMIN

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22-è DIMANCHE après PENTECÔTE

 

Matines : Matth. XXVIII, 16-20

Liturgie : Eph.  II, 4-10 ; Luc VIII, 26-39

[Martyrs. Eph. VI, 10-17 ; Matth. X, 16-22]

 

AU NOM DU PÈRE DU FILS ET DU SAINT ESPRIT !

Bien-aimés Frères et Sœurs,

IL’épître de ce dimanche est un hymne à la Grâce ! Dieu, qui est riche en miséricorde, dans Son amour nous a ressuscités alors que nous étions morts, Il nous a rappelés à la vie avec le Christ. C’est par sa Grâce que vous êtes sauvés, et, anticipant et se plaçant naturellement dans l’éternité, l’apôtre ajoute : Il nous a ressuscités ensemble, Il nous a fait asseoir DANS LES LIEUX CÉLESTES en Jésus-Christ. Nous n’y sommes pas encore, bien-aimés Frères et Sœurs, mais, pour l’apôtre inspiré, c’est comme si nous y étions déjà ! et il poursuit : afin qu’apparaisse dans les siècles des siècles l’immense richesse de sa Grâce. Revenant quelque peu sur la terre, l’apôtre précise : Par la Grâce, vous êtes sauvés PAR LE MOYEN DE LA FOI. Il balaye, d’une certaine manière, les revendications de ceux qui opèrent, ce n’est pas par les œuvres, par les actes, que vous êtes sauvés. On entrevoit les discussions ultérieures sur la foi et les œuvres : vous êtes sauvés par la Grâce, par la foi : que nul ne se vante de ses œuvres ! Mais avec une richesse équilibrée et vivifiante, il ajoute : nous sommes la créature de Dieu fondée dans le Christ – et donc aussi –, pour les bonnes actions que Dieu a préparées pour que nous les accomplissions.

Comment ne pas repenser, en cette épiphanie de la Grâce, à la parole du Seigneur : « Je suis avec vous, tous les jours et jusqu’à la fin du monde » ?

II – Mais cet hymne à la Grâce, n’ôte pas non plus ce qui est imputable, le cas échéant, à l’homme seul – et volontairement seul. La péricope de Luc est celle de ce possédé gadarénien qui vivait dans les sépulcres, entièrement nu, et qui terrorisait les populations. Ce possédé voit s’approcher le Christ et il Lui dit : « Que me veux-tu, Fils de Dieu ? » - car les démons ne se trompent pas et ils savent reconnaître Dieu. Le Christ se prépare à délivrer le possédé et Il demande au démon : « Quel est ton nom ? » - « Légion » est la réponse, car il y avait une multitude de démons dans ce possédé.

Christ les chasse, et au moment où ils devaient sortir de l’homme, ils implorent le Seigneur afin de ne pas retomber dans l’abîme : « Permets-nous d’entrer dans ces porcs qui paissent là ! » Christ le permet, et la légion de démons s’empare des porcs qui aussitôt se jettent dans le lac et S’Y NOIENT. Vous comprenez par là que le démon, quels que soient ses apparences et ses faux-semblants, est toujours puissance de mort.

La suite de la péricope, en un balancement signifiant avec l’épître, montre la réaction des Gadaréniens : avertis de ce qui s’est passé, constatant avec stupeur la guérison du possédé qui les avait effrayés, ils demandent néanmoins au Seigneur de quitter leur pays. Car l’homme est libre. La Grâce ne s’impose pas et notre Dieu se retire.

Le possédé voulait Le suivre. Christ le renvoie chez lui en lui disant de raconter les bienfaits que Dieu a faits pour lui. Et ce possédé guéri n’y a pas manqué. L’homme, nous l’avons déjà vu peut être reconnaissant. De toute manière, il est libre.

La Grâce est toujours présente. Même les démons du Possédé la reconnaissent. Elle opère et elle sauve. Le possédé a été guéri de ses démons. Les Gadaréniens ont vu le miracle, mais ils ont été effrayés et ont demandé au Christ de se retirer.

Vous le voyez : on peut refuser la Grâce : elle est toute puissante, mais l’homme est libre …

Puissions-nous toujours, frères et sœurs bien-aimés, reconnaître la Grâce et l’accepter.

III – C’est aux « bons » que s’adresse l’épître célébrant les martyrs. Restez avec le Seigneur, commence l’apôtre, mais il ajoute aussitôt : « Revêtez-vous des armes opportunes POUR COMBATTRE LES EMBÛCHES DU DIABLE ! » La puissance du démon est terrifiante, nous venons d’en voir un exemple dans le possédé que nous avons quitté et qui était si terriblement fort qu’il brisait toutes les chaînes par lesquelles on avait voulu le lier. Mais les armes les plus redoutables sont de nature totalement spirituelle : ayez comme ceinture, la Vérité. Que la justice soit votre cuirasse. Ayez comme chaussures, votre zèle d’évangélisateurs – le Seigneur et Rédempteur, vous le voyez ne perd jamais de vue le moyen de sauver l’homme, libre et intelligent –, que la Foi soit votre bouclier contre lequel s’émousseront les contradictions des contradicteurs. Votre arme enfin, votre épée ne sera autre que la Parole de Dieu.

Mais pour autant, la victoire n’est nullement assurée : « Je vous envoie comme des brebis contre des loups » … Il faudra donc user de prudence, mais soyez aussi simples que la colombe. Circonspection en somme et pureté de cœur. Mais les persécutions ne manqueront pas à ces « saints de Dieu » comme dirait l’apôtre. On les persécutera, on les trahira, le frère livrera le frère, le père le fils, le fils les parents, on les traînera devant les tribunaux. L’Esprit leur dira ce qu’il faut répondre, nous retrouvons là cette arme pure qu’est la Parole de Dieu. Cela continuera toutefois et nous voyons bien combien notre propre siècle est en guerre contre la vérité chrétienne …

Le Christ est toujours avec nous, mais ces attaques insidieuses ou violentes continueront jusqu’à la fin du monde.

L’apôtre Paul, dans l’enthousiasme de son hymne à la Grâce, anticipait – nous l’avons vu – l’immanquable gloire des élus. Et le Christ lui-même nous dit, en terminant cette évocation des persécutions, « Celui qui persévérera jusqu’à la fin SERA SAUVÉ ! »

 

AMIN

 

 

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